6 portraits d’interprètes F-LSF

Il est parfois bon de rappeler que derrière le métier d’interprète en langue des signes on trouve d’abord des hommes et des femmes (plutôt des femmes d’ailleurs) passionnés par leur travail.

Pour vous permettre de mieux appréhender la dimension humaine de cette profession, je cède aujourd’hui (volontiers) la place à 6 de mes collègues qui vont vous parler d’elles, de leur parcours, de leurs motivations, de leur plaisir d’interpréter, de leur amour pour cette langue.

Pour cela, j’ai sélectionné 6 portraits récemment parus dans la presse régionale

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AVEC ÉLISE AUTIN, IL SUFFIT D’UN SIGNE

Elise Autin

Elise Autin : « J’ai envie de sensibiliser les gens à la langue des signes et de donner l’accessibilité aux personnes sourdes à tout ce qui peut être accessible à qui entend »
http://www.lest-eclair.fr

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ESTELLE PARLE D’UNE LANGUE QUI FAIT BOUGER LE CORPS

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Estelle Eckert : « L’interprétation construit un pont entre deux langues, deux cultures et deux communautés »
http://www.ouest-france.fr

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LANGUE DES SIGNES : JE TRADUIS LA VIE

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Annaig Le Naou : « Je n’imaginais pas cette dimension, c’est une autre réalité : là où il y a une langue, il y a une culture, une histoire et donc de nouvelles valeurs à transmettre »
http://www.cotebrest.fr

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L’INTERPRÉTATION FRANÇAIS/LANGUE DES SIGNES, MÉTIER À PART ENTIÈRE

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Coline Peronne : « On se retrouve parfois au coeur de situations difficiles humainement. J’ai été témoin d’injustices. Mais il faut passer par-dessus, parce que notre code éthique nous impose fidélité, neutralité, secret professionnel »
http://www.lepopulaire.fr

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COMMENT ALICE CHEYLUS EST DEVENUE LA SEULE INTERPRÈTE LIBÉRALE DIPLÔMÉE EN LANGUE DES SIGNES EN CORRÈZE 

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Alice Cheylus : « On traduit les idées, pas le mot à mot. Les gens autour de nous doivent parler normalement et on finit par se faire oublier. C’est notre voix qui parle pour la personne sourde. Quand l’interprète fait partie du décor, c’est gagné ! »
http://www.lamontagne.fr

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LA LANGUE DES SIGNES TACTILE EST UN CHALLENGE PASSIONNANT 

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Marion Le Tohic : « J’interviens beaucoup auprès des personnes sourdes-aveugles, en langue des signes tactile, que j’ai apprise à Poitiers: cela me convient bien, c’est un challenge pour l’interprétation mais c’est passionnant »
http://www.centre-presse.fr

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© Stéphan – ( i ) LSF

L’AFILS à Lille

L’Association Française des Interprètes et Traducteurs en Langue des Signes a organisé son Assemblée générale samedi 16 janvier à Lille.

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On en profita pour remercier l’ancien CA pour le travail accompli

ancien CA

et souhaiter bonne chance au nouveau fraichement élu.

nv CA

Dimanche 17 matin eut lieu une conférence
sur (et avec) les intermédiateurs sourds,

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suivie de cinq ateliers thématiques

ateliers

Ce fut enfin l’occasion de vous souhaiter une très très belle année 2016 !

bonne année

Vous voulez voir encore plus de photos de ces 2 journées ? Rendez-vous sur la page Facebook de l’AFILS : https://www.facebook.com/afils.fr

© Stéphan – ( i ) LSF

Différents statuts juridiques pour exercer la profession d’interprète / traducteur en indépendant

L’automne arrive, les vignerons vendangent espérant produire un vin de qualité qui sera dans quelques années un grand cru. Cette saison marque aussi l’arrivée dans le monde merveilleux de l’interprétation en langue des signes des nouveaux diplômés, qui formeront, peut-être, une promotion, elle aussi, « grand cru ».

En attendant, à eux et aux plus anciens s’offre deux grandes familles de statuts professionnels pour travailler : le salariat et/ou l’indépendance. L’un ou l’autre mais aussi l’un et l’autre, nombre de mes collègues exerçant sous ces deux statuts (salarié le jour, indépendant le soir et le week-end par exemple).

Les salariés exerceront dans un service (SCOP, association…) en CDI, en CDD ou en tant qu’intermittents. Ils pourront également être embauchés dans un institut national de jeunes sourds (comme les INJS à Paris, Metz, Bordeaux, Chambéry…) dans un hôpital au sein d’un pôle régional d’accueil et de soins en langue des signes française ou dans toute structure voulant salarier un interprète F-LSF.

D’autres interprètes en langue des signes préfèreront travailler en indépendant (c’est mon cas).
Pour eux, le site d’une association de traducteurs, Aprotrad, a mis en ligne une synthèse des différents modes d’exercice en indépendant pour nous aider à nous y retrouver dans ce labyrinthe administratif.
J’en reproduis de larges extraits ci-dessous.

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Entreprise individuelle

Création :
Aucun apport de capital n’est nécessaire pour créer une entreprise individuelle. Le patrimoine privé et celui de l’entreprise ne font qu’un.
Le traducteur doit s’inscrire à l’URSSAF. L’inscription doit se faire dans les 8 jours suivant le début de l’activité ou dès le premier euro encaissé. L’URSSAF se charge ensuite de transmettre les coordonnées du nouvel inscrit à l’INSEE (qui attribue un numéro de SIREN et un numéro de SIRET) ainsi qu’aux caisses d’assurance maladie (RAM, par exemple) et d’assurance vieillesse (CIPAV) et au fisc (qui détermine le numéro de TVA intracommunautaire et envoie tous les formulaires relatifs à la TVA).
Il est conseillé de se faire connaître soi-même directement à son centre des impôts et de préciser le régime d’imposition choisi.

Régime fiscal :
Les interprète sont imposés dans la catégorie des BNC (bénéfices non commerciaux). Il n’y a pas d’imposition au niveau de l’entreprise. Nous sommes soumis uniquement à l’impôt sur le revenu. Cependant, avec le statut « entreprise individuelle » ou EI, deux régimes fiscaux sont possibles en fonction du montant de votre chiffre d’affaires :

1/ Le régime spécial BNC (micro-entreprise)

  • Pour bénéficier de ce régime, les recettes HT ne doivent pas dépasser 32 900 € par an (chiffre pour 2014, 2015, 2016).
  • Obligations comptables : il suffit de tenir la comptabilité des recettes et le registre des immobilisations.
  • TVA : régime en franchise de TVA (= le traducteur ne facture pas de TVA mais ne la récupère pas non plus sur ses charges ; il doit faire figurer la mention « TVA non applicable – article 293 B du CGI » sur ses factures et éventuellement sur ses conditions générales).
  • L’interprète / traducteur au régime déclaratif spécial dépose également une déclaration 2035, où il indique uniquement son chiffre d’affaires. Un abattement forfaitaire de 34 % est ensuite appliqué avant calcul de l’impôt.

2/ Le régime de la déclaration contrôlée en réel simplifié (c’est le statut sous lequel j’exerce. On le nomme parfois « profession libérale ») :

  • Obligations comptables : tenue d’un journal comptable des recettes et dépenses et d’un registre des immobilisations.
  • TVA : déclaration déclaration annuelle et versement d’acomptes trimestriels (taux de 20 %).
  • L’interprète / traducteur doit faire son bilan et déposer une déclaration 2035. L’impôt est calculé sur la base « recettes moins dépenses professionnelles » (le bénéfice) majorée de 25 % (sans majoration si le traducteur est membre d’une association de gestion agréée – AGA).
  • Ce régime s’applique au-delà de 32 900 € de recettes HT par an.

Auto-entrepreneur

Création :
il suffit de compléter en ligne et d’envoyer le formulaire de demande d’adhésion au régime de l’auto-entrepreneur, ou de se rapprocher de son centre URSSAF. Ce statut est pratique pour débuter son activité en indépendant car facile à mettre en place. Malheureusement on peut noter une utilisation abusive de ce statut, celui-ci étant choisi par des interprètes pour une activité principale, ce qui est contraire à l’esprit du dispositif. En effet, selon le Code du Travail, le statut d’Auto-Entrepreneur n’est possible que dans certaines situations :
– pour un salarié qui a un poste avec un contrat de travail ordinaire et qui souhaite avoir une activité en parallèle, différente de son activité principale ;
– pour un chômeur qui souhaite débuter une activité ;
– pour des activités inédites (ce qui n’est pas le cas de l’interprétation).

L’auto-entreprise doit relever du régime fiscal spécial BNC, et ses recettes ne doivent pas dépasser 32 900 € par an.

Régime fiscal :
L’entreprise est en franchise de TVA (pas de facturation ni de récupération de TVA).

L’auto-entrepreneur calcule lui-même (via le site internet de l’auto-entrepreneur) tous les trimestres ses cotisations sociales en appliquant un taux forfaitaire (23,3 %) aux recettes réalisées. Pour l’impôt sur le revenu, il peut opter pour le prélèvement libératoire (taux de cotisation cumulé de 25,5 %).

Protection sociale :
Le forfait social couvre les cotisations suivantes :

  • assurance maladie-maternité ;
  • assurance vieillesse (régime de base) ;
  • allocations familiales ;
  • CSG/CRDS ;
  • retraite complémentaire obligatoire ;
  • invalidité-décès.

L’auto-entrepreneur est affilié au Régime des indépendants (RSI). Il bénéficie des remboursements de soins médicaux mais ne peut pas prétendre aux indemnités journalières en cas de maladie.

Pour valider 4 trimestres de retraite par an, le chiffre d’affaires annuel doit atteindre un seuil minimum, qui est fixé à 11 552 € pour l’année 2014.

L’auto-entrepreneur cotise également pour la formation professionnelle des libéraux (0,20 % du chiffre d’affaires). En contrepartie, il peut bénéficier de la formation professionnelle et se faire rembourser les frais afférents (consulter le site du FIF-PL : http://www.fif-pl.fr/) comme ses homologues en entreprise individuelle.

Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL)

Création :
L’EURL est comparable à la SARL, mais avec un seul associé (qui peut être une personne physique ou morale). Le capital est fixé librement, sans minimum requis. 20 % des apports en espèces doivent être versés au moment de la constitution, et le solde doit être libéré dans les 5 ans.

L’EURL doit disposer d’un local et avoir un nom unique (à faire vérifier auprès de l’INPI). Pour constituer une EURL, il faut rédiger ses statuts et les déposer auprès de l’administration et de la Chambre de Commerce et d’Industrie. Une annonce légale doit également être publiée.

L’entreprise se fait immatriculer au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés). Elle reçoit également un numéro de SIRET.

Régime fiscal :
Si l’interprète ou le traducteur associé unique est également le gérant, il n’y a pas d’imposition au niveau de la société ; l’associé est imposé au titre de l’impôt sur le revenu. Il est toutefois possible d’opter pour l’impôt sur les sociétés. Dans ce cas, le traducteur devra déclarer ses revenus comme « traitements et salaires ».

Obligations comptables :
Les obligations comptables d’une EURL sont plus lourdes que celles d’une entreprise individuelle. Les comptes (bilan et compte d’exploitation) doivent être déposés tous les ans au registre du commerce.

Protection sociale :
Si le traducteur est le gérant de son EURL, il relève du régime social des non-salariés (voir régime de l’entreprise individuelle).

Le traducteur peut toutefois choisir de désigner un tiers comme gérant. Il bénéficie alors d’un régime « assimilé salarié » (bénéfice du régime de sécurité sociale et de retraite des salariés, mais pas de l’assurance chômage ni des dispositions du droit du travail).

Entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL)

Il s’agit d’un statut juridique qui présente de nombreuses similitudes avec le statut EURL. Toutefois, il comporte un avantage considérable sur l’EURL en raison de la simplicité des formalités de création : pour créer une EIRL, il suffit de déposer une déclaration d’affectation au centre de formalités des entreprises, alors que pour créer une EURL, la rédaction de statuts et l’accomplissement de diverses formalités seront nécessaires.

Ce statut a pour principal avantage de permettre aux entreprises individuelles de séparer leur patrimoine professionnel de leur patrimoine personnel.

La structure juridique repose, comme pour l’EURL, sur la personne physique du chef d’entreprise, mais celui-ci a la possibilité de protéger ses biens privés par l’affectation du patrimoine utilisé pour l’activité.

Un modèle de déclaration d’affectation est disponible auprès des centres de formalités des entreprises (CFE).

L’autre avantage majeur réside dans la possibilité offerte au chef d’entreprise d’opter pour le régime fiscal de l’impôt sur les sociétés, dans les mêmes conditions que l’EURL. Cette option change le mode de calcul des cotisations sociales : la base de calcul ne sera plus les bénéfices du chef d’entreprise mais sa rémunération réelle, qui viendra en déduction du résultat.

Le statut de l’EIRL peut être choisi lors de la création de l’activité ou en cours d’activité.

Portage salarial

C’est un statut à mi-chemin entre celui d’indépendant et celui de salarié.

Création :
Pour s’installer en portage salarial, il faut faire appel à une société de portage qui assurera l’interface administrative avec les clients (Missions-Cadres par exemple). L’inscription est rapide, mais il convient aussi de bien se renseigner auprès de diverses entreprises, car les services proposés ne sont pas tous les mêmes. L’interprète et la société de portage sont liés par une convention de portage qui définit, entre autres, les engagements réciproques de la société de portage et du traducteur, le montant des frais de gestion, les modalités de versement du salaire et de remboursement des frais de mission et de fonctionnement. Cette convention n’a pas valeur de contrat de travail. Lorsque le traducteur trouve un client, ce client signe un contrat de prestation avec la société de portage, qui signe alors un contrat de travail avec le traducteur. Ce contrat peut prendre plusieurs formes (CDD, contrat à temps partiel, voire CDI). La société de portage aura au préalable effectué une DUE (déclaration unique d’embauche) qui garantit l’inscription du traducteur dans tous les organismes sociaux.

Cette société conclut les contrats, émet et encaisse les factures et les reverse au traducteur sous forme de salaire après avoir prélevé les cotisations sociales (patronales et salariales) ainsi que des frais de gestion (généralement environ 10%). Certaines sociétés proposent des taux de gestion dégressifs, mais pas toutes.

La société de portage ne fournit pas de travail aux professionnels recourant à ses services, mais ce mode d’exercice évite de passer beaucoup de temps en administration et de risquer son patrimoine personnel. Comme le libéral et l’auto-entrepreneur, l’interprète et le traducteur en portage doit se constituer une clientèle, gère son emploi du temps et assure ses prestations en toute autonomie. C’est un mode d’exercice qui peut permettre de tester une activité professionnelle sans risque avant de se lancer à son compte.

Régime fiscal :
Du point de vue juridique, le traducteur « porté » est un salarié. Il déclare donc ses revenus en tant que traitements et salaires sur la déclaration2042, comme n’importe quel autre salarié. Il suffit de recopier dans la case prévue à cet effet le montant du salaire annuel indiqué sur le dernier bulletin de salaire de l’année.

Protection sociale :
Le traducteur jouit de tous les éléments de protection sociale attachés au statut de salarié: sécurité sociale, prévoyance, retraite et assurance chômage. Pour la retraite, c’est le montant de la rémunération annuelle brute qui est pris en compte, indépendamment de la répartition sur l’année. Si un débutant cotise sur un salaire brut de 800 SMIC horaires du 1er janvier au 28 février, il a acquis les trimestres de retraite nécessaires pour l’année concernée (200 SMIC = un trimestre).

Responsabilité civile professionnelle :
Une assurance responsabilité civile professionnelle est comprise dans les frais de gestion de certaines sociétés de portage. Dans d’autres sociétés où la RCP n’est pas comprise dans le taux de gestion, le porté devra, s’il le souhaite, souscrire un contrat spécifique.

Formation :
Dans la mesure où le traducteur ou interprète en portage totalise un nombre suffisant d’heures travaillées, il peut demander la prise en charge d’une formation professionnelle, comme tout salarié. Les frais afférents aux séances de formation suivies sont remboursés à 100 % : frais pédagogiques, de déplacement et de repas.

Les avantages du portage sont la simplicité de démarrage et de fonctionnement (pas de comptabilité à tenir, pas de déclaration européenne de services à remplir) et l’absence de plafond de chiffre d’affaires annuel hors taxes.

Pour être complet sur le portage salarial, sachez que vous pouvez rejoindre une CAE (coopérative d’activités) qui est une SCOP regroupant des professionnels exerçant des activités différentes et ayant choisis le portage salarial. Si cela vous intéresse, dites le moi et je vous mettrais en contact avec des interprètes qui ont choisi ce type de structure.

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Lien vers l’article d’Aprotrad : les différents statuts juridiques pour exercer en indépendant

© Stéphan – ( i ) LSF

Article du Parisien : « Bourg-la-Reine : les interprètes en langue des signes lancent la révolte »

Depuis une semaine et la grève déclenchée samedi 30 mai, avec mes collègues interprètes de l’Institut des Jeunes Sourds de Bourg-la-Reine (dont je suis salarié un jour par semaine) nous communiquons et utilisons les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, ce blog bien sur…) pour faire comprendre nos motivations et tenter de fédérer des soutiens notamment via une pétition en ligne ( http://ppfr.it/ilsengreve ).
Il faut croire que cette « agitation » est efficace car nous avons réussi à attirer la curiosité et l’attention d’une journaliste du Parisien, Pascale Autran. Elle a pris contact avec certains d’entre nous pour rédiger un article sur cet évènement.
Je vous mets en copie cet article et vous trouverez à la fin de ce billet le lien vers le site web du Parisien.
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Bourg-la-Reine : les interprètes en langue des signes
lancent la révolte

« C’est un métier mal connu, et surtout mal reconnu : les interprètes en langue des signes de l’Institut des jeunes sourds de Bourg-la-Reine lancent la révolte. Samedi, pendant la journée des parents, ils ont fait grève, du jamais vu dans cette institution vieille de 150 ans.

Fondé en 1861 par le père Bonhomme, l’Institut accueille 155 enfants sourds et malentendants, de la maternelle au bac, avec une école et un internat. Il est géré depuis 2011 par une association religieuse, Œuvres d’avenir. «C’est une belle histoire qui doit continuer dans de bonnes conditions», clame Stephan, l’un des interprètes en colère. En cause, le niveau de statut et de salaire d’une profession mal considérée, qui exige pourtant 5 ans d’études après le bac. «On nous paie au niveau d’un bac +2, proteste Stephan, le salaire d’embauche ici ne dépasse pas 1 300 €».

A l’Institut, les 9 interprètes traduisent les cours des professeurs, ils interviennent aussi lors des réunions de l’équipe professionnelle. «C’est un travail difficile, explique Théa, une autre interprète. Il ne suffit pas de connaître les signes, il faut traduire en simultané !» Le statut des interprètes est régi par une convention collective, la convention 66. «Elle nous place au même niveau que des animateurs de jardin d’enfant !» déplore Stephan, qui avec ses collègues réclame sa remise en cause. Une pétition a déjà recueilli plus de 250 signatures, et une lettre est partie ce mercredi pour réclamer un rendez-vous à l’ARS, l’Agence régionale de santé. Faute de réponse rapide, les protestataires menacent de nouvelles actions. Contactée, l’ARS n’a pas donné suite.

Du côté de la direction de l’Institut, on comprend les revendications : «La convention 66 qui nous régit ne permet pas de les payer au niveau de leurs compétences, pourtant reconnues, déplore-t-elle. Le risque, c’est que l’on vide nos établissements de gens compétents». Et de juger «complètement obsolète» un texte qui s’applique pourtant à la plupart des structures du même type.

Si l’étincelle est partie de Bourg-la-Reine, le mouvement de grogne pourrait donc bien s’étendre rapidement ailleurs en France, qui compte près de 450 interprètes en langue des signes. »

Retrouvez l’article sur le site du Parisien en cliquant ici

© Le Parisien – Pascale Autran

Communiqué des interprètes F/LSF suite à la journée de grève du 30 mai

L’équipe des interprètes de l’IJS de Bourg-la-Reine (dont je fais partie) a publié un communiqué pour faire le point après sa journée d’action du samedi 30 mai.

Le voici :

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Samedi 30 mai l’équipe des interprètes F/LSF de l’Institut des Jeunes Sourds de Bourg-la-Reine a décidé de se mettre en grève sur une journée institutionnelle de recueil des attentes (rencontres parents, enfants, professionnels). Ce mouvement a fédéré tous les interprètes salariés.

La Direction a été contrante d’annuler l’ensemble des rendez-vous pris sur cette journée, exceptés ceux qui étaient assurés durant deux heures dans la matinée par des interprètes extérieurs.

Une « pétition papier » a permis de recueillir ce même jour plus de 130 signatures (professionnels et parents).

L’Agence Régionale de la Santé (ARS) a été informée de notre mouvement de grève le vendredi précédent. Elle a pu prendre conscience de l’importance de notre rôle et surtout du préjudice comptable que ce mouvement allait engendrer. Elle a d’ailleurs demandé à notre direction un rapport chiffré sur les pertes financières conséquentes occasionnées par notre grève.

La direction de l’établissement (à ne pas confondre avec celle de l’association Œuvres d’Avenir qui chapeaute l’Institut) nous a reçu et nous a exprimé son soutien. Plusieurs de ses cadres ont signé notre pétition jugeant nos revendications légitimes.
Mais elle nous a également  rappelés qu’elle n’avait pas de pouvoir décisionnaire en matière budgétaire et que seule l’Association Œuvres d’Avenir en lien avec le financeur (l’ARS) pourrait donner une suite favorable à nos demandes.

A présent nous devons nous rapprocher d’un syndicat majoritaire pour les futures négociations avec les autorités tutélaires. Parallèlement nous demandons a être reçu par l’ARS 92 avant le 1er juillet.
Sans réponse favorable de leur part nous n’hésiterons pas à lancer d’autres appels à la grève.

Nous avons mis en ligne une pétition pour que chacun d’entre vous puisse soutenir notre mouvement. Un nombre élevé de signatures donnera encore plus de force à nos revendications salariales.
Par avance merci.

http://ppfr.it/ilsengreve 

L’équipe des interprètes de l’IJS de Bourg-la-Reine : 
Sylvia Babin
Stéphan Barrère
Aurore Batista
Ricardo de Barros
Anne Ginat
Amandine Monlouis
Théa Nougaro
Nathalie Quétel
Stéphanie Weis
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Grève des interprètes de l’IJS de Bourg-la-Reine

Les interprètes salariés de l’Institut des Jeunes Sourds de Bourg-la-Reine (dont je fais partie) se sont mis en grève samedi 30 mai.

C’est une première dans l’histoire de cet Institut et un évènement très rare pour notre profession.

Décider de ne pas traduire une journée durant laquelle les parents viennent rencontrer les équipes pédagogiques (journée nommée « Recueil des Attentes ») pour faire le bilan de l’année écoulée et envisager l’avenir pour leurs enfants ne se prend pas sur un coup de tête.

Depuis plusieurs mois, les interprètes F/LSF réclament auprès de la direction de l’association Œuvres d’Avenir, qui chapeaute l’Institut, une hausse de leurs rémunérations et une évolution de leur statut.
Comme dans la majorité de ces Instituts, les interprètes en langue des signes dépendent de la Convention 66 : lors d’un entretien d’embauche, il est demandé à l’interprète d’être titulaire d’un diplôme de niveau I – master 2 (bac + 5) d’interprétation en langue des signes (ce qui est logique). Pourtant sa rémunération continue d’être alignée sur des métiers de niveau III (bac + 2) soit moins de 1300€ net par mois pour un jeune diplômé.

Des courriers ont été rédigés, une réunion a eu lieu, différents organismes ont été interpellés (Agence Régionale de la Santé, Conseil régional…) mais à ce jour rien. Pas une proposition concrète, pas de calendrier sur des évolutions possibles, pas de chiffrages des possibilités financières de l’Association.
Rien sauf une vague promesse « d’essayer d’évoquer la question lors d’une future rencontre avec l’Agence Régionale de la Santé ».

Pourtant en Ile-de-France, les interprètes en langue des signes travaillant dans d’autres instituts ont pu renégocier depuis longtemps leur salaire et statut à la hausse. D’où cet appel à la grève, samedi 30 mai qui fut suivi à 100% par les interprètes salariés. Ils ont profité de leur présence dans l’établissement pour informer les autres professionnels (professeurs, corps médical, employés et cadres administratifs…) , les familles et les élèves sur les motifs de cette grève et de la légitimité de ce combat.

Ce n’est qu’une première étape et ce mouvement a d’abord permis de montrer à la direction la volonté de voir aboutir leurs revendications au plus vite et pour commencer, que ces exigences soient inscrites à l’ordre du jour de la prochaine réunion qui aura lieu entre Œuvres d’Avenir et l’Agence Régionale de la Santé (ARS) début Juillet.

Vous pouvez soutenir leur action en signant la pétition en ligne :

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Thé ou café ? 

Un samedi par mois, à 10h00, traducteurs et interprètes d’Île-de-France ou d’ailleurs se retrouvent au Café du Pont neuf, pour un petit déjeuner/conférence.
Ce rendez-vous, organisé par le SFT (Syndicat National des Traducteurs Professionnel) est ouvert à tous, adhérents et non-adhérents.

Samedi 30 mai, le STF a invité l’AFILS (Association Française des Interprètes et Traducteurs en Langue des Signes) et les interprètes en langue des signes à venir présenter leur métier. Venez nous rencontrer !
Les échanges seront bien sur traduits en LSF et donc accessibles à tous.

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Voici le texte de l’invitation :

Les interprètes vous font signe ! 

Vous les avez sans doute déjà vus en bas à droite de votre écran de télévision. Ils montent sur scène à coté des orateurs, interviennent aussi bien en milieu médical que judiciaire, dans les administrations, dans des entreprises privées, lors d’événements familiaux ou de meetings politiques… Ce sont les interprètes en langue des signes, ou plus précisément : les interprètes d’une langue vocale vers une langue des signes (et inversement).
Quels sont les grands principes syntaxiques et grammaticaux de cette langue gestuelle ? Peut-elle tout exprimer, y compris les concepts les plus abstraits ? Quel rôle l’expression corporelle joue-t-elle dans la transmission des messages ? Comment se passe concrètement une prestation d’interprétation en LSF ? Quels sont les principaux clients de ce marché ? Existe-t-il une langue des signes universelle ?
Pour répondre à ces questions, et à bien d’autres encore, notre prochaine Matinale est heureuse d’accueillir Stéphan Barrère, Dina Makouke et Pascaline Michel tous trois interprètes et membres de l’AFILS, l’association française des interprètes et traducteurs en langue des signes.
Venez nombreux pour découvrir une langue et un métier pas comme les autres !

Notre rendez-vous aura lieu au : Café du Pont-Neuf, dans la salle à l’étage.
L’adresse : 14, quai du Louvre, Paris 1er, métro Pont-Neuf.
Nous vous attendons le 30 mai à partir de 9 h 30 et la séance débutera à 10 h 01.
Comme chaque fois, nous encaisserons nous-mêmes la consommation (un petit-déjeuner à 9,50 €) à votre arrivée. Si vous pouviez faire l’appoint, cela nous aiderait beaucoup.
Inscrivez-vous auprès de la delegation.idf-matinales@sft.fr d’ici le vendredi 29 mai à 12 h.
Nous pourrons mieux organiser la manifestation et vous remporterez peut-être notre livre du mois.

L’équipe des Matinales 
(Catherine, Chris, Clémence, Ilse, Jacqueline, Larry, Lidia, Maria et Nadia)

Plus d’infos sur leur site : http://www.sft.fr

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