Quelques mots sur la langue des signes

Bien que l’objectif de ce blog n’est pas de se focaliser sur le monde de la surdité ou sur la LSF, mais plus sur les activités d’un interprète en langue des signes, je voudrais, en cette veille de la Journée de l’Audition (un peu trop axée sur le dépistage et la « réhabilitation auditive » à mon avis), vous présentez rapidement la langue des signes française qui est l’une des deux langues de travail (avec le français) de l’interprète.

La langue des signes est une langue vivante et complexe. Comme toute langue, elle évolue et possède une pleine capacité d’expression et d’abstraction, ce qui nous permet de traduire aussi bien un entretien médicale, qu’une conférence philosophique, une cérémonie religieuse, un cours de mathématique…

Une langue des signes possède sa propre syntaxe qui est intimement liée à la perception visuelle, puisque cette langue répond à une logique visuelle et non auditive. La grammaire de la LSF n’est pas identique à celle du français. Ainsi la place des mots dans la phrase n’est pas la même.
Les signes sont basés sur l’utilisation des mains, du regard et de l’espace : les configurations des mains, leur emplacement, leur orientation et leur mouvement forment des signes qui équivalent à des mots, disposés devant soi comme sur une scène de théâtre. La disposition de ces signes, ainsi que la direction du regard, permettent de visualiser les relations (actif, passif…), le temps (signes tournés vers l’arrière pour le passé, vers l’avant pour le futur). Le visage et le mouvement des épaules servent aussi à exprimer les nuances du discours.
La langue des signes utilise parfois un alphabet manuel (appelé dactylologie) pour épeler certains mots ou noms propres.

La langue des signes n’est pas universelle. C’est pourquoi il existe une langue des signes française, américaine, belge, espagnole, anglaise, chinoise, japonaise, turque, suisse, italienne, coréenne… (car à chaque pays sa langue des signes). Néanmoins, même si le vocabulaire diffère d’un pays à l’autre, la grammaire étant sensiblement la même, les échanges entre signeurs de pays différents sont facilités.

Les premières tentatives connues d’éducation des enfants sourds datent du XVIème siècle et s’adressaient exclusivement aux familles nobles. En 1710, Etienne de Fay sera le premier professeur sourd à enseigner en langue des signes.
L’Abbé de l’Epée ouvre la première école destinée aux jeunes sourds en 1760 à Paris (rue Saint-Jacques) et devient célèbre à travers l’Europe. Pour la première fois, on reconnaît que les gestes peuvent exprimer la pensée humaine autant qu’une langue orale. La langue des signes va s’imposer progressivement. Son essor et l’accès à l’enseignement permettent alors aux sourds d’accéder à de vrais métiers et de se regrouper au sein d’associations.
Interdite de 1880 (lors du Congrès de Milan) jusqu’à la moitié du XXème siècle, la langue des signes est à ce jour de nouveau reconnue pour l’éducation des jeunes sourds notamment grâce à la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

Certains spécialistes recommandent d’ailleurs d’utiliser le plus rapidement possible la langue des signes avec les jeunes enfants sourds. Bien adaptée à une perception visuelle, cette langue leur permet de communiquer sans efforts et sans difficultés. A condition d’une imprégnation précoce, l’enfant forme ses premiers signes puis ses premières phrases au même âge qu’un enfant entendant (voire avant) ; il entre dans le dialogue, dans l’expression aisé de ses sentiments et de ses désirs…
Il peut ainsi avoir un développement affectif, psychologique, intellectuel et linguistique parfaitement normal.

La parole n’est décidément pas le seul moyen d’expression possible. La preuve avec cette vidéo qui reprend les idées développées ci-dessus :

Une réflexion sur “Quelques mots sur la langue des signes

  1. C’est très important, le langage des signes françaises, tous les êtres ont besoin d’une intégration. Ceux que je considère comme dement c’est ceux la qui les considère comme dément, car çà en ai un des signes, ce langages devrait même être introduit de matière officielle dans tous les établissements secondaires, pourquoi pas même primaire comme une matière d’apprentissage. TZL_LIONEL

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