Être interprète

Son travail lui est apparu comme une évidence. Un « pont » entre deux communautés qui partagent l’envie naturelle d’échanger. Pénélope Houwenaghel interprète chez Via, nous parle de son métier :

Qui fait appel à vos services ?

« Nous sommes sollicités par des collectivités publiques, des entreprises, des particuliers… Nous nous occupons de prestations qui peuvent aller de la traduction professionnelle à la vie quotidienne : un rendez-vous chez le médecin, le notaire, avec un professeur, un avocat… La communication fonctionne à double sens. À la fois pour les entendants et les malentendants. Un banquier qui a envie de faire connaître ses produits peut également faire appel à nous… Nous nous adaptons à toutes les demandes mais nous ne sommes pas pour autant des travailleurs sociaux… »

Comment qualifier votre travail ?

« Je considère que nous constituons un pont entre deux communautés. L’une qui souvent ne se considère pas comme handicapée ou dont le handicap est jugé invisible. Et qui se revendique alors plus comme une communauté linguistique qui, à ce titre, a besoin d’outils techniques pour se faire comprendre. Et l’autre qui manque de la maîtrise de ces outils. Nous garantissons également une dimension professionnelle là où auparavant, on pouvait se limiter à l’action d’amis ou de voisins… »

Est-il onéreux de vous solliciter ?

« Non, depuis la loi du 11 février 2005, l’État a prévu de payer une prestation pour les aides humaines. Une demande préalable doit simplement être faite à la maison départementale des personnes handicapées… »

Votre secteur est-il porteur ?

« Nous sommes débordés. Nous ne sommes que trois interprètes dans notre Scop. Nous devons refuser des rendez-vous. Hors urgences, les délais sont d’un mois. On manque cruellement d’interprètes en langue des signes en France. C’est une profession qui ne connaît pas le chômage. Il faut savoir que des options « langue des signes » existent dès le Bac dans quelques lycées (Gambetta à Tourcoing). Après, on peut poursuivre ses études à l’université et ce jusqu’au master pour obtenir un diplôme. C’est un métier riche, de contacts et de communication mais pas toujours facile … »

Pourquoi ce choix ?

« À titre personnel ? Il n’y a pas de sourds dans ma famille. J’avais simplement envie d’apprendre une langue atypique et qui soit une langue à part entière. Cela m’a permis d’accéder à une communication et à une culture différentes. J’aime également cette dimension technique qui me permet de passer d’un monde à l’autre. Notre travail est de faire en sorte que les gens puissent se comprendre, ce qui me passionne. »

 

Source : http://www.lavoixdunord.fr © (11 Mars 2010)

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