Des sourds qui téléphonent ? Non mais allo quoi !

Raconter que vous venez d’avoir une longue conversation téléphonique avec un sourd pourrait vous faire passer pour fou auprès de vos amis.
Pourtant c’est possible grâce à la visio-interprétation. Les technologies nécessaires pour accomplir cette prouesse connaissent depuis vingt ans un essor spectaculaire et plusieurs pays proposent déjà des services de « centres-relais » téléphoniques dédiés.

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Le principe général des centres-relais téléphoniques est extrêmement simple. Le système consiste à intégrer dans la communication un dispositif intermédiaire assurant la transcription ou la traduction, depuis la langue parlée vers la langue écrite ou la langue des signes, et vice-versa.
Dans le cas de la langue des signes, l’usager signeur et l’interprète (diplômé bien sur) communiquent par visioconférence. Le sourd signe, l’interprète le regarde via la caméra et traduit simultanément pour la personne entendante qu’il a au bout du fil (et inversement).

La Suède a lancé son premier centre-relais vidéo en 1997. Grâce à la fibre et le haut-débit ces offres se sont multipliées, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Australie puis dans d’autres pays industrialisés.
Dans la sphère privée ces centre-relais sont utilisés pour prendre un rendez-vous chez le médecin, souhaitez une bonne fête à sa maman, commander une pizza, raconter ses vacances à sa fille, demander des informations sur un appartement qu’on voudrait louer… Sur le lieu de travail ils peuvent permettre de courts échanges avec des collègues, d’avoir un entretien avec son supérieur hiérarchique, de contacter un fournisseur extérieur, de réserver un billet d’avion…

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Au Royaume Uni, les centres-relais font depuis longtemps partie des services obligatoires financés par les opérateurs en charge de la fourniture du service universel. L’utilisation de ces services est gratuite en dehors du coût de la communication vers le destinataire final.
En Allemagne, l’opérateur historique finance également un service à destination des sourds et malentendants, qui nécessite un abonnement mensuel de 5€ et le paiement d’un prix à la minute en plus de celui de la communication, mais qui inclut un service de centre-relais vidéo.
En Australie, des services équivalents sont offerts gratuitement.
Quant aux Etats-Unis, la création et le développement de multiples centres-relais haut de gamme y est encouragée par un généreux régime de remboursement forfaitaire de chaque minute fournie par les prestataires. Cela a rendu possible l’émergence de nombreux services gratuits pour l’usager, souvent accessibles 24h/24.

Et la France ? Elle a, malheureusement, plusieurs longueurs de retard.

Privé au départ de financement public, les prestataires français n’ont pu que proposer des offres bien plus coûteuses que la communication téléphonique standard. En effet, si le coût d’usage des plateformes techniques peut être fortement dilué par une demande suffisante, le coût de l’interprétariat est lui, incompressible. Ces conditions économiques rendent difficile la fourniture d’offres ciblées sur les particuliers, d’autant que l’étendue de la demande et sa solvabilité étaient jusqu’à présent encore mal connues.

Les centres-relais français sont donc à ce jour cantonnés à un usage essentiellement professionnel, financés par de grandes entreprises. Au départ trois entreprises se partageaient ce marché. L’une a fait faillite (Viable) il n’en reste donc plus que deux : Tadéo qui ne fait que rarement appel à des interprètes diplômés (Master 2 d’interprétation F-LSF) pour assurer ce service, et Elision.

Certes le Président de la République avait annoncé en juin 2008 la création prochaine d’un centre-relais national, une innovation qualifiée d’« essentielle » à l’accessibilité, sur laquelle les institutions devait se mobiliser. L’idée a fait pchittt car les promesses comme son prédécesseur aimait à le répéter, n’engagent que ceux qui y croient.
Parallèlement, des textes français et européens ont préparé la mise en place d’un centre relais d’appels d’urgence. Ce dernier est à présent opérant. Il s’agit du 114 « numéro d’urgence national uniquement accessible par SMS ou Fax, pour les personnes avec des difficultés à entendre ou à parler ».

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Histoire de se hater avec lenteur pour rattraper le temps perdu le gouvernement a d’abord commandé un rapport à Corinne Erhel qu’elle a intitulé « L’expérimentation d’un centre relais téléphonique pour les personnes sourdes ou malentendantes : enjeux et avenir ».  Puis il a décidé de mettre en place une phase d’expérimentation (pour un budget de 2,8 millions d’€) auprès de 500 sourds. Avec le système de communication Origo (filiale d’Elision) et pendant 1 an (1er juin 2014 – 31 mai 2015), ces 500 « testeurs » ont pu évaluer la qualité et l’intérêt des services de communication proposés (LSF, LPC, Oral, Écrit- vélotypie).

A présent, tout le monde attend. Les premiers résultats de l’expérimentation devraient être publiés en septembre 2015. Certains espèrent que la mise en place des CRT (Centre Relais Téléphonique), sera inscrite dans le projet de loi sur le numérique qui doit être débattu à l’automne conformément à ce qui a été annoncé lors de la dernière Conférence Nationale du Handicap du 11 décembre 2014. D’autres, fourbissent leur armes et se préparent à manifester, car il craignent que le projet soit reporté à… « plus tard ».

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Pour les interprètes en langue des signes, c’est un dossier aux enjeux considérables pour l’avenir de la profession et qui soulève de nombreuses questions.

D’abord il est indispensable, comme pour n’importe quelle situation de communication que nous interprétons (réunion, conférence, rendez-vous médical…) que les professionnels qui interviennent soient diplômés d’un master 2 délivré par l’une des cinq formations reconnues par l’AFILS (Association Française des Interprètes et Traducteurs en Langue des Signes).
Hélas tout le monde n’en est pas convaincu. Ainsi, lors de l’appel d’offres pour réaliser la phase d’expérimentation, la société Tadeo a déposé un recours en justice pour, notamment, demander que la mention de diplômes obligatoire ne figure pas dans les critères de sélection.

Le tribunal (dans son immense sagesse) a débouté l’entreprise avec cette imparable démonstration : « … en exigeant des candidats qu’ils justifient de ce que les agents chargés de la réception et des appels soient titulaires de l’un des diplômes d’interprète LSF d’Etat […] ou d’une qualification professionnelle parmi ceux listés à l’annexe 1 du cahier des clauses techniques particulières pour l’interprétariat en langue des signes française […] le pouvoir adjudicateur a exigé des qualifications qui, même en admettant qu’elles sont de nature à limiter la concurrence, sont objectivement justifiées par l’objet du marché et la nature des prestations de centre relais téléphonique pour les personnes sourdes ou malentendantes à réaliser… »

En effet, il ne faut pas croire qu’une conversation téléphonique peut se contenter d’une mauvaise interprétation, par des professionnels non formés. Les usagers, sourds et entendants, peuvent légitimement exiger de fortes garanties en matière de confidentialité et de conformité des propos. Qui n’a jamais passé un coup de fil à sa banque pour expliquer des difficultés financières ? Qui n’a jamais appelé son patron ou un collègue pour lui parler de problèmes relationnels au sein de son entreprise ? Qui n’a jamais appelé un médecin pour obtenir des résultats d’analyse ? Qui n’a jamais téléphoné à son copain ou sa copine pour lui dire qu’il l’aimait ou qu’ils se séparaient…
Avec les communications téléphoniques on entre dans l’intimité d’une personne, d’un couple d’une famille. Bref, seul des interprètes diplômés respectant le code déontologique de l’AFILS peuvent garantir le respect du secret professionnel et la fidélité aux messages qu’ils traduisent.

Mais si nous exigeons que la possession d’un diplôme bac +5 soit la condition sine qua non pour exercer en centre-relais, il faut alors assurer la formation des futurs interprètes F-LSF.
Quelle sera la demande ? Faudra-t-il embaucher 100, 200, 1500 interprètes en langue des signes prêts à s’enfermer dans une cabine, coincé devant une caméra vidéo ? A ce jour aucune étude sérieuse n’a été menée. En outre les nouvelles technologies (avatar, applications dans les smartphones…) ne vont-elles pas rendre ce service rapidement obsolète ou moins intéressant qu’on pourrait l’imaginer ?
Aujourd’hui nous sommes environ 400 interprètes diplômés en France. Que faire si le projet est officiellement lancé en 2016 ou 2017 sachant qu’il faut au minimum deux ans après la licence pour obtenir ce diplôme ? Qui traduira durant cette période ? Le service sera-t-il accessible 24h/24, 7j/7 ?
Dans ce cas , une question subsidiaire : qui seront les interprètes volontaires pour passer leur nuit du réveillon du 31 décembre à traduire des « bonne années » et des « bonne santé » jusqu’à 7h00 du matin ?

Enfin qui payera ? Le principe de ce service repose sur la gratuité en dehors du coût de la communication vers le destinataire final payé par l’abonné. Cette solidarité avec les sourds et les malentendants aura forcément un prix. Il faudra payer les infrastructures nouvelles et surtout les interprètes en langue des signes, les codeurs LPC et les transcripteurs (de la voix vers l’écrit).
Ou trouver l’argent ? Budget de l’État ? Mécénat ? Financement par le service universel du téléphone via un fond auquel participe l’ensemble des opérateurs de téléphonie ? Prélèvement sur les abonnements de tous les usagers ?

Aux Etats-Unis, les centres-relais coûtent plus de 650 millions de dollars par an aux consommateurs. Avant de vous évanouir en lisant ce chiffre, sachez qu’un rapide calcul ramène la somme à environ deux dollars par personne et par an. Il faut aussi rappeler que ce service bénéficiera à tous, sourds, entendants voulant entrer en communication avec un sourd mais aussi personnes âgées souffrant de déficiences auditives.
Avec cette idée en tête, on comprend que pour notre pays où la population ne cesse de vieillir, cet effort paraîtra peut-être plus anodin au regard du bénéfice qu’il apportera à chaque citoyen.

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Pour apprécier les luttes entre les différentes entreprises proposant des centres-relais, je vous conseille cet article paru sur le site Yanous : « Centre-relais, les grandes manoeuvres »

Article du Parisien : « Bourg-la-Reine : les interprètes en langue des signes lancent la révolte »

Depuis une semaine et la grève déclenchée samedi 30 mai, avec mes collègues interprètes de l’Institut des Jeunes Sourds de Bourg-la-Reine (dont je suis salarié un jour par semaine) nous communiquons et utilisons les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, ce blog bien sur…) pour faire comprendre nos motivations et tenter de fédérer des soutiens notamment via une pétition en ligne ( http://ppfr.it/ilsengreve ).
Il faut croire que cette « agitation » est efficace car nous avons réussi à attirer la curiosité et l’attention d’une journaliste du Parisien, Pascale Autran. Elle a pris contact avec certains d’entre nous pour rédiger un article sur cet évènement.
Je vous mets en copie cet article et vous trouverez à la fin de ce billet le lien vers le site web du Parisien.
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Bourg-la-Reine : les interprètes en langue des signes
lancent la révolte

« C’est un métier mal connu, et surtout mal reconnu : les interprètes en langue des signes de l’Institut des jeunes sourds de Bourg-la-Reine lancent la révolte. Samedi, pendant la journée des parents, ils ont fait grève, du jamais vu dans cette institution vieille de 150 ans.

Fondé en 1861 par le père Bonhomme, l’Institut accueille 155 enfants sourds et malentendants, de la maternelle au bac, avec une école et un internat. Il est géré depuis 2011 par une association religieuse, Œuvres d’avenir. «C’est une belle histoire qui doit continuer dans de bonnes conditions», clame Stephan, l’un des interprètes en colère. En cause, le niveau de statut et de salaire d’une profession mal considérée, qui exige pourtant 5 ans d’études après le bac. «On nous paie au niveau d’un bac +2, proteste Stephan, le salaire d’embauche ici ne dépasse pas 1 300 €».

A l’Institut, les 9 interprètes traduisent les cours des professeurs, ils interviennent aussi lors des réunions de l’équipe professionnelle. «C’est un travail difficile, explique Théa, une autre interprète. Il ne suffit pas de connaître les signes, il faut traduire en simultané !» Le statut des interprètes est régi par une convention collective, la convention 66. «Elle nous place au même niveau que des animateurs de jardin d’enfant !» déplore Stephan, qui avec ses collègues réclame sa remise en cause. Une pétition a déjà recueilli plus de 250 signatures, et une lettre est partie ce mercredi pour réclamer un rendez-vous à l’ARS, l’Agence régionale de santé. Faute de réponse rapide, les protestataires menacent de nouvelles actions. Contactée, l’ARS n’a pas donné suite.

Du côté de la direction de l’Institut, on comprend les revendications : «La convention 66 qui nous régit ne permet pas de les payer au niveau de leurs compétences, pourtant reconnues, déplore-t-elle. Le risque, c’est que l’on vide nos établissements de gens compétents». Et de juger «complètement obsolète» un texte qui s’applique pourtant à la plupart des structures du même type.

Si l’étincelle est partie de Bourg-la-Reine, le mouvement de grogne pourrait donc bien s’étendre rapidement ailleurs en France, qui compte près de 450 interprètes en langue des signes. »

Retrouvez l’article sur le site du Parisien en cliquant ici

© Le Parisien – Pascale Autran

Communiqué des interprètes F/LSF suite à la journée de grève du 30 mai

L’équipe des interprètes de l’IJS de Bourg-la-Reine (dont je fais partie) a publié un communiqué pour faire le point après sa journée d’action du samedi 30 mai.

Le voici :

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Samedi 30 mai l’équipe des interprètes F/LSF de l’Institut des Jeunes Sourds de Bourg-la-Reine a décidé de se mettre en grève sur une journée institutionnelle de recueil des attentes (rencontres parents, enfants, professionnels). Ce mouvement a fédéré tous les interprètes salariés.

La Direction a été contrante d’annuler l’ensemble des rendez-vous pris sur cette journée, exceptés ceux qui étaient assurés durant deux heures dans la matinée par des interprètes extérieurs.

Une « pétition papier » a permis de recueillir ce même jour plus de 130 signatures (professionnels et parents).

L’Agence Régionale de la Santé (ARS) a été informée de notre mouvement de grève le vendredi précédent. Elle a pu prendre conscience de l’importance de notre rôle et surtout du préjudice comptable que ce mouvement allait engendrer. Elle a d’ailleurs demandé à notre direction un rapport chiffré sur les pertes financières conséquentes occasionnées par notre grève.

La direction de l’établissement (à ne pas confondre avec celle de l’association Œuvres d’Avenir qui chapeaute l’Institut) nous a reçu et nous a exprimé son soutien. Plusieurs de ses cadres ont signé notre pétition jugeant nos revendications légitimes.
Mais elle nous a également  rappelés qu’elle n’avait pas de pouvoir décisionnaire en matière budgétaire et que seule l’Association Œuvres d’Avenir en lien avec le financeur (l’ARS) pourrait donner une suite favorable à nos demandes.

A présent nous devons nous rapprocher d’un syndicat majoritaire pour les futures négociations avec les autorités tutélaires. Parallèlement nous demandons a être reçu par l’ARS 92 avant le 1er juillet.
Sans réponse favorable de leur part nous n’hésiterons pas à lancer d’autres appels à la grève.

Nous avons mis en ligne une pétition pour que chacun d’entre vous puisse soutenir notre mouvement. Un nombre élevé de signatures donnera encore plus de force à nos revendications salariales.
Par avance merci.

http://ppfr.it/ilsengreve 

L’équipe des interprètes de l’IJS de Bourg-la-Reine : 
Sylvia Babin
Stéphan Barrère
Aurore Batista
Ricardo de Barros
Anne Ginat
Amandine Monlouis
Théa Nougaro
Nathalie Quétel
Stéphanie Weis
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Grève des interprètes de l’IJS de Bourg-la-Reine

Les interprètes salariés de l’Institut des Jeunes Sourds de Bourg-la-Reine (dont je fais partie) se sont mis en grève samedi 30 mai.

C’est une première dans l’histoire de cet Institut et un évènement très rare pour notre profession.

Décider de ne pas traduire une journée durant laquelle les parents viennent rencontrer les équipes pédagogiques (journée nommée « Recueil des Attentes ») pour faire le bilan de l’année écoulée et envisager l’avenir pour leurs enfants ne se prend pas sur un coup de tête.

Depuis plusieurs mois, les interprètes F/LSF réclament auprès de la direction de l’association Œuvres d’Avenir, qui chapeaute l’Institut, une hausse de leurs rémunérations et une évolution de leur statut.
Comme dans la majorité de ces Instituts, les interprètes en langue des signes dépendent de la Convention 66 : lors d’un entretien d’embauche, il est demandé à l’interprète d’être titulaire d’un diplôme de niveau I – master 2 (bac + 5) d’interprétation en langue des signes (ce qui est logique). Pourtant sa rémunération continue d’être alignée sur des métiers de niveau III (bac + 2) soit moins de 1300€ net par mois pour un jeune diplômé.

Des courriers ont été rédigés, une réunion a eu lieu, différents organismes ont été interpellés (Agence Régionale de la Santé, Conseil régional…) mais à ce jour rien. Pas une proposition concrète, pas de calendrier sur des évolutions possibles, pas de chiffrages des possibilités financières de l’Association.
Rien sauf une vague promesse « d’essayer d’évoquer la question lors d’une future rencontre avec l’Agence Régionale de la Santé ».

Pourtant en Ile-de-France, les interprètes en langue des signes travaillant dans d’autres instituts ont pu renégocier depuis longtemps leur salaire et statut à la hausse. D’où cet appel à la grève, samedi 30 mai qui fut suivi à 100% par les interprètes salariés. Ils ont profité de leur présence dans l’établissement pour informer les autres professionnels (professeurs, corps médical, employés et cadres administratifs…) , les familles et les élèves sur les motifs de cette grève et de la légitimité de ce combat.

Ce n’est qu’une première étape et ce mouvement a d’abord permis de montrer à la direction la volonté de voir aboutir leurs revendications au plus vite et pour commencer, que ces exigences soient inscrites à l’ordre du jour de la prochaine réunion qui aura lieu entre Œuvres d’Avenir et l’Agence Régionale de la Santé (ARS) début Juillet.

Vous pouvez soutenir leur action en signant la pétition en ligne :

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Thé ou café ? 

Un samedi par mois, à 10h00, traducteurs et interprètes d’Île-de-France ou d’ailleurs se retrouvent au Café du Pont neuf, pour un petit déjeuner/conférence.
Ce rendez-vous, organisé par le SFT (Syndicat National des Traducteurs Professionnel) est ouvert à tous, adhérents et non-adhérents.

Samedi 30 mai, le STF a invité l’AFILS (Association Française des Interprètes et Traducteurs en Langue des Signes) et les interprètes en langue des signes à venir présenter leur métier. Venez nous rencontrer !
Les échanges seront bien sur traduits en LSF et donc accessibles à tous.

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Voici le texte de l’invitation :

Les interprètes vous font signe ! 

Vous les avez sans doute déjà vus en bas à droite de votre écran de télévision. Ils montent sur scène à coté des orateurs, interviennent aussi bien en milieu médical que judiciaire, dans les administrations, dans des entreprises privées, lors d’événements familiaux ou de meetings politiques… Ce sont les interprètes en langue des signes, ou plus précisément : les interprètes d’une langue vocale vers une langue des signes (et inversement).
Quels sont les grands principes syntaxiques et grammaticaux de cette langue gestuelle ? Peut-elle tout exprimer, y compris les concepts les plus abstraits ? Quel rôle l’expression corporelle joue-t-elle dans la transmission des messages ? Comment se passe concrètement une prestation d’interprétation en LSF ? Quels sont les principaux clients de ce marché ? Existe-t-il une langue des signes universelle ?
Pour répondre à ces questions, et à bien d’autres encore, notre prochaine Matinale est heureuse d’accueillir Stéphan Barrère, Dina Makouke et Pascaline Michel tous trois interprètes et membres de l’AFILS, l’association française des interprètes et traducteurs en langue des signes.
Venez nombreux pour découvrir une langue et un métier pas comme les autres !

Notre rendez-vous aura lieu au : Café du Pont-Neuf, dans la salle à l’étage.
L’adresse : 14, quai du Louvre, Paris 1er, métro Pont-Neuf.
Nous vous attendons le 30 mai à partir de 9 h 30 et la séance débutera à 10 h 01.
Comme chaque fois, nous encaisserons nous-mêmes la consommation (un petit-déjeuner à 9,50 €) à votre arrivée. Si vous pouviez faire l’appoint, cela nous aiderait beaucoup.
Inscrivez-vous auprès de la delegation.idf-matinales@sft.fr d’ici le vendredi 29 mai à 12 h.
Nous pourrons mieux organiser la manifestation et vous remporterez peut-être notre livre du mois.

L’équipe des Matinales 
(Catherine, Chris, Clémence, Ilse, Jacqueline, Larry, Lidia, Maria et Nadia)

Plus d’infos sur leur site : http://www.sft.fr

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Pétition contre la création d’une licence professionnelle « interface de communication »

Cinq associations – FNSF , ANPES, 2LPE-PB, AFFELS et AFILS (dont je suis membre) – réunies en un collectif ont décidé de protester contre la création d’une licence « Interface de Communication » à Lille 3 et Paris XIII, en lançant une pétition.

Je vous encourage à signer cette pétition en suivant ce lien : http://ppfr.it/petitioncollectif5

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Contrairement à ce qu’on peut lire ici ou là, il ne s’agit pas d’un énième combat des interprètes diplômés contre les interfaces.Cette pétition, écrite à 5 mains, veut d’abord alerter sur les conséquences pour les Sourds qu’aurait la création de cette formation d’interface, quelle philosophie se cache derrière ce projet.

Par exemple, comment évoluera le regard que porte notre société sur la surdité avec la non-reconnaissance évidente d’une éducation bilingue F/LSF puisqu’on favorisera la présence d’interfaces à la place de professeurs signeurs ?

Quels droits, quelle reconnaissance les Sourds pourront-ils espérer alors qu’ils seront considérés comme des sous-citoyens devant être toujours aidés, assistés par ces interfaces qui nient leur droit à l’autonomie (cette dernière pouvant être néanmoins guidée ou accompagnée notamment via à des intermédiateurs sourds ou des professionnels compétents comme des assistantes sociales) ?

C’est à ces problématiques que renvoie cette pétition : pourquoi ne pas éduquer les Sourds en LSF, pourquoi ne pas leur proposer des outils adaptés, pourquoi ne pas former des professionnels à la langue des signes…

Cette pétition est aussi là pour interpeller l’Etat qui, une fois encore, se défausse de ses responsabilités, en créant ces formations qui n’ont pour but que de pallier à son incapacité à garantir à chaque citoyen sourd une accessibilité entière, durable et bien sur en respectant l’autonomie de chacun.

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Le texte de la pétition :

Nous – Collectif des 5 – sommes un collectif d’associations de professionnels et de particuliers en lien avec la communauté sourde : Association Francophone des Formateurs et Enseignants de/en Langues des Signes (AFFELS), Association Française des Interprètes/Traducteurs en Langue des Signes (AFILS), Association Nationale des Parents d’Enfants Sourds (ANPES), Fédération Nationale des Sourds de France (FNSF), Deux Langues pour l’Education Politique Bilingue (2LPE-PB).

Nous avons appris qu’en septembre 2016 doit être créée une licence professionnelle d’interface de communication (ICASES) au sein de l’Université de Lille 3.
De plus, nous apprenonsqueParisXIII ouvre une formation de ce type en septembre 2015. Nous nous y opposons tout autant.

Nous nous opposons à la création de cette licence 
car elle nie l’efficience de professions déjà opérantes :

  • interprète français – lsf (Master2),
  • intermédiateurs sourds (Licence professionnelle),
  • éducateur spécialisé (DE Bac+3),
  • CESF (Bac+2),
  • traducteur sourd (Licence Bac+3),
  • professionnels soignants signants (entre 5 et 12 ans d’études après le Bac),
  • professionnels signants des domaines judiciaire, médical, social, éducatif etc.

Ces professionnels sur le terrain, pratiquent la langue des signes ou, le cas échéant, exercent en présence d’un interprète et d’intermédiateurs sourds si nécessaire. Le schéma existe et fonctionne, répondant ainsi aux exigences d’autonomie et d’accès à la citoyenneté prévues par la loi. Nullement besoin de le modifier.

A contrario la Licence de Lille 3 prétend vouloir former des personnes qui cumuleraient des responsabilités et des capacités de façon très superficielle (formation courte). Ils généreront une opacité et une confusion dans les rôles de chacun qui n’est profitable pour personne. Se faisant, ils ne font que maintenir les sourds dans une situation de dépendance et d’assistanat.

Nous considérons que les usagers sourds et les professionnels entendants ont le droit d’être en face de personnes réellement qualifiées qui leur garantissent une pleine autonomie. C’est pourquoi nous exigeons la suppression de cette licence professionnelle.

Soutenez notre action en signant cette pétition.

Oui à l’autonomie des citoyens sourds. Non à une accessibilité au rabais…

Sa version en langue des signes française (LSF) :

Pétition pour exiger la suppression de la licence professionnelle « interface de communication – ICASES » from Collectif des 5 on Vimeo.