L’AFILS à Lille

L’Association Française des Interprètes et Traducteurs en Langue des Signes a organisé son Assemblée générale samedi 16 janvier à Lille.

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On en profita pour remercier l’ancien CA pour le travail accompli

ancien CA

et souhaiter bonne chance au nouveau fraichement élu.

nv CA

Dimanche 17 matin eut lieu une conférence
sur (et avec) les intermédiateurs sourds,

intermediateur

suivie de cinq ateliers thématiques

ateliers

Ce fut enfin l’occasion de vous souhaiter une très très belle année 2016 !

bonne année

Vous voulez voir encore plus de photos de ces 2 journées ? Rendez-vous sur la page Facebook de l’AFILS : https://www.facebook.com/afils.fr

© Stéphan – ( i ) LSF

Pétition pour la création d’un centre relais téléphonique généraliste

En France, 500 000 personnes sourdes, malentendantes ou handicapées de la communication (sourdes-aveugles, aphasiques…) ne peuvent pas téléphoner du fait de leur handicap auditif. Cet obstacle a des répercussions au quotidien dans leur vie personnelle, sociale et professionnelle.

Comme je vous l’expliquais dans un billet précédent, de nombreux pays ont fait le choix depuis plusieurs années de mettre en place des centres relais téléphoniques généralistes. Il s’agit d’une plate-forme en ligne, depuis laquelle des professionnels de la communication accessible (interprètes en langue des signes, transcripteurs…) mettent en relation deux interlocuteurs qui n’ont pas le même mode de communication, et assurent, en temps réel, l’accessibilité de leur échange téléphonique, quel que soit le motif de l’appel.

Le gouvernement comprenant enfin l’importance de ce dispositif a proposé un article dans son projet de loi pour une République numérique afin d’impulser et d’organiser le développement d’un centre relais téléphonique généraliste.
L’association française des interprètes en langue des signes (AFILS) s’était notamment mobilisée pour exiger que
les interprètes F-LSF travaillant dans ces centres relais téléphoniques possèdent un master 2 en interprétation.
Je vous exposais les arguments dans ce billet « Pour une République numérique accessible« .
D’autres amendements ont été proposés par la FNSF, l’UNISDA, le MDF, l’AFIDEO, l’ANPEDA, l’ANPSA, la FNAF, Aditus.

Aujourd’hui, l’article 43 sur les centres relais téléphoniques tel qu’il sera mis en débat au Parlement ne correspond pas aux attentes des associations concernées.

Aussi je vous encourage à signer cette pétition mise en ligne par les associations oeuvrant pour la création d’un centre-relais téléphonique généraliste afin qu’il soit réellement opérant et universel. Elle sera transmise au gouvernement et aux membres du Parlement (députés et sénateurs).

Petition pour que les personnes sourdes ou
handicapées de la communication puissent téléphoner 

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© Stéphan – ( i ) LSF

L’atelier de traduction : « bonne année » en LSF

Demain soir vous serez sous le gui à embrasser vos amis, votre famille, vos voisins, des inconnus… vous exclamant une coupe de champagne à la main « bonne année ! ».
Pour apporter une touche d’originalité à votre réveillon, pourquoi ne pas le dire en langue des signes française ?

bonne année 1

Pour cela, posez votre coupe de champagne et suivez pas à pas (ou plutôt main à main) cet atelier de traduction :

[BONNE] : la main configurée en « bec de canard » s’éloigne de la bouche.
C’est le même geste naturel que vous faites à table pour signifier que le plat vous plait

[ANNÉE] : les 2 mains sont configurées en « poing ». La main gauche (pour les droitiers, les gauchers inverseront) est fixe au niveau du buste et la main droite  effectue un tour autour d’elle (comme la terre fait une révolution autour du soleil en 365 jours), le mouvement commençant et finissant sur le sommet du poing gauche.

Et n’oubliez pas d’avoir une mine réjouie car c’est un moment de fête et de bonheur !!!

2970_1014504748614932_2469358318781885029_n©Monica Companys

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Pour finir l’année en beauté, voici Bouboule le bonhomme de neige qui vous présente ses meilleurs voeux, en LSF bien sur :

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© Stéphan – ( i ) LSF

Les 1ers interprètes certifiés en Signes Internationaux

Auparavant on la nommait Langue des Signes Internationale (LSI).
Mais comme elle ne s’inscrit pas sur un territoire ou dans une culture, qu’elle n’est pas propre à une communauté de personnes sourdes et surtout pour éviter toute confusion et bien faire comprendre que la langue des signes n’est pas internationale on parle à présent de Signes Internationaux (SI).
Utilisés par les sourds du monde entier, ces SI sont distincts lexicalement de toutes les langues des signes spécifiques, car ils intègrent des éléments provenant d’une variété de différentes langues des signes.

On pourrait donc comparer ces Signes Internationaux à la Lingua Franca , une sorte de pidgin qui reprend des signes des langues des signes nationales (essentiellement américaine, française et italienne) avec une structure et une grammaire classique à ces langues (emplacements, classificateurs, prise de rôle, iconicité…).

Ces Signes Internationaux sont utilisés principalement lors de conférences internationales (où il serait difficile d’aligner sur scène des interprètes dans toutes les langues des signes requises), aux rassemblements tels que les  Jeux Olympiques des Sourds (Deaflympics) ou pour communiquer pendant les voyages dans un pays étranger.

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Après ce rapide exposé sur les Signes Internationaux, venons-en à notre sujet : quid de l’interprétation d’une langue orale vers les SI ou d’une langue des signes « nationale » vers les Signes Internationaux (et réciproquement) ?

Jusqu’à présent, c’était des interprètes – en langue des signes – maitrisant en deuxième ou troisième langue des signes les SI qui assuraient cette fonction. Ils possédaient donc une bonne connaissance des pratiques professionelles et déontologiques se rapportant à notre métier mais ils n’avaient jamais été évalués sur leurs compétences linguistiques en Signes Internationaux et sur leurs connaissances des institutions dans lesquelles ils seraient appelés à travailler.
L’absence d’un cadre professionnel normé était d’autant plus regrettable que cette spécialisation est notamment ouverte aux « Deaf Interpreters » – interprètes sourds (hé oui ça existe !) – qui traduisent de et vers différentes langues des signes grâce à des interprètes-pivot (mais c’est une autre histoire, nous y reviendrons dans un autre billet).

Cette absence de normes ou critères vient d’être comblée.
En effet, la Fédération Mondiale des Sourds (WFD) en partenariat avec l’Association Mondiale des Interprètes en Langue des Signes (WASLI) a récemment créé une certification pour les interprètes en Signes Internationaux. Une première promotion a vu le jour le mois dernier : vingt interprètes professionnels ont obtenu le statut officiel de « WFD-WASLI Accredited IS Interpreter » après avoir été évalués par 6 experts selon des critères pré-définis par les deux associations.

Comme il est indiqué dans le communiqué annonçant les noms des premiers lauréats, cette nouvelle certification vise à établir, maintenir et promouvoir des normes de qualité d’interprétation de et vers les SI.
Le document reprenant les objectifs de cette certification, les critères exigés, etc, est en ligne à cette adresse : « WFD-WASLI International Sign Interpreter Récognition Interim Policy and Guidelines« .

Cette accréditation (ou certificat) valide le professionnalisme, les compétences et connaissances de ces interprètes. Clause interessante, ce certificat ne sera valable que 5 ans pour encourager les interprètes à prolonger leur formation, à s’auto-évaluer, à prendre en compte les feed-backs des usagers sourds, à se corriger…

Ces interprètes auront pour mission de traduire les discours et autres débats dans les forums internationaux où l’usage des Signes Internationaux est habituel : Deaflympics, conférences des Nations Unies et notamment les sessions du Comité de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) à New York et à Genève, Congrès international sur l’éducation des Sourds (ICED), réunions de l’Union européenne des sourds (EUD), sessions du Parlement européen…

Ainsi les représentants sourds dans ces différentes instances internationales auront la certitude d’avoir en face d’eux des interprètes qualifiés et compétents. L’établissement d’un annuaire facilitera aussi leur recrutement pour telle ou telle manifestation internationale a souligné Colin Allen, le Président de la WFD.
« Ce processus est un exemple exceptionnel d’un travail conjoint entre la WFD et WASLI. Il a permis de mettre en avant l’ensemble des compétences nécessaires pour obtenir cette certification en Signes Internationaux. Cela donne aussi un cadre, un modèle pour ceux qui aspirent à devenir interprète dans cette spécialité » a rappelé Debra Russell, présidente de WASLI.

Vous pouvez consulter la liste des vingt premiers interprètes en SI certifiés ici : WFD-WASLI Accredited IS Interpreter. Un nouvel appel à candidature aura lieu début 2016.  

Vous noterez qu’aucun français ne fait partie de cette première vague et c’est bien dommage. En revanche, logiquement les interprètes des pays anglo-saxons et du nord de l’Europe sont sur-représentés, la langue orale associée aux SI étant l’anglais.
Espérons cependant que cela nous motivera (moi par exemple) pour plonger dans ces Signes Internationaux d’autant que la France sera prochainement l’hôte de manifestions internationales où les SI seront largement présents : Forum Européen des Interprètes en Langue des Signes (EFSLI) en septembre 2017, Assemblée générale de l’Association Mondiale des Interprètes en Langue des Signes (WASLI) suivi du Congrès Mondial des Sourds à Paris en juillet 2019.

Pour conclure et vous permettre de vous entrainer, une vidéo en Signes Internationaux de Colin Allen, Président de la WFD faisant un bilan pour son association de l’année 2015 et présentant les perspectives pour 2016 (sur le site de Vimeo vous avez en plus la traduction de son discours en anglais écrit).

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© Stéphan – ( i ) LSF 

L’atelier de traduction : « joyeux Noël » en LSF

Pour traduire « Joyeux Noël » en langue des signes française rien de plus simple, comme vous le montre Diane, avatar né en 2008 de la volonté d’Orange de proposer des MMS en LSF prêts à être envoyés.

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[JOYEUX] : la main frotte la poitrine en un mouvement circulaire pour signifier la satisfaction, la joie ;
[NOEL] : la main semi-ouverte s’éloigne du menton en se refermant, symbolisant ainsi la longue barbe blanche du Père Noël.

Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire le 25 décembre pour épater famille, amis et le Père Noël bien sûr !!!

Car oui, le Père Noël s’exprime aussi en langue des signes. La preuve :

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Et pour vous faire patienter, voici l’histoire du Père Noël raconté en LSF par l’un de ses lutins :

 

© Stéphan – ( i ) LSF

Les pires interprètes en langue des signes

Alvaro Garcia est un jeune homme sourd vivant aux Etats-Unis. Quand il s’habille et se maquille en drag queen il devient Serena Minogue.  Surtout, il a un talent fou pour croquer les travers des interprètes en langue des signes.
Régulièrement il poste des vidéos hilarantes sur sa page Facebook.

En voici trois pour rire sans modération et égayer ces fêtes de fin d’année :

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© Stéphan – ( i ) LSF