Traduire une érection

Ce titre aguicheur n’a bien évidemment pas pour objectif de tirer vers le haut l’audience de ce site sur l’interprétation en langue des signes française.
Il s’agit plutôt d’illustrer une réflexion que je me faisais récemment tandis que je traduisais un cours de médecine : sommes-nous pré-déterminés ou influencés par notre genre (homme, femme…) lorsque nous exerçons notre métier d’interprète en langue des signes ?

Pour dire cela plus simplement, qu’on soit une fille ou un garçon, notre manière d’interpréter sera-t-elle différente ?

Afin de répondre à cette question, intéressons-nous (sans nous laisser troubler), à la façon de traduire en lsf le terme [ERECTION].
Pour cela il existe deux approches distinctes afin de signer cette action virile :
1- l’index se lève simplement et le signe est exécuté à partir du bas du ventre ;
2- l’avant-bras se redresse vigoureusement devant le torse, le poing fermé.

Une étude sérieuse s’appuyant sur des sondages fiables permet de révéler que 95% des interprètes hommes signent [ERECTION] avec le poing tandis que 95% des interprètes femmes la signent avec leur index.

Notre conclusion sera donc simple mais ferme : il existe bien un déterminisme sexuel qui influence notre façon d’interpréter du français vers la lsf.

Les tactiques de l’interprète en langue des signes face au vide lexical

Ce billet est une série d’extraits du passionnant article rédigé par Sophie Pointurier Pournin, interprète en langue des signes française et Daniel Gile, professeur à l’ESIT, Université Paris 3 et publié sur le site jostrans.org.

« Comme d’autres langues des signes nationales, la langue des signes française (LSF) est une langue à part entière, qui a notamment son lexique et sa grammaire propres. Apparue initialement comme langue d’expression et de communication véhiculaire entre personnes sourdes, donc au sein d’une petite fraction de la population nationale, elle proposait une couverture lexicale des différents domaines de l’activité humaine bien moins étendue que le français et son vocabulaire n’évoluait pas quantitativement à la même vitesse que le lexique du français. La LSF ne compte en effet que quelque 6 000 signes standard référencés face à des dizaines de milliers de mots que l’on trouve dans les dictionnaires généraux de langue française et aux centaines de milliers d’unités lexicales employées dans les domaines de spécialité.

Le vide lexical peut poser problème : lors d’une émission de  L’Œil et la main,  sur la chaîne de télévision France 5, pour rendre en LSF le concept de dyspraxie, il a fallu à l’interprète huit secondes et deux tactiques différentes : une périphrase ([gestion/corps] [gestion maladroite] [signe maladroit]), puis la présentation du mot D.Y.S.P.R.A.X.I.E. signe alphabétique par signe alphabétique. L’emploi d’un signe lexicalisé aurait fait gagner beaucoup de temps et économisé de précieuses ressources attentionnelles à l’interprète et aux téléspectateurs sourds.

Les sourds, présents dans de nombreux domaines de spécialité, ainsi que les interprètes qui travaillent pour eux, sont donc amenés à créer des codes et des signes là où ils font défaut : une personne sourde travaillant en laboratoire de microsoudure aura besoin de termes précis pour désigner un condensateur, un braser, un braser à vagues ; un étudiant sourd étudiant le contrôle de gestion aura besoin de termes pour désigner les immobilisations, les dividendes etc.

Il n’existe pas de commissions officielles de terminologie en LSF pouvant recenser, réguler et faire évoluer la langue. Les techniques discursives de la langue des signes permettant au quotidien de s’exprimer sans recourir systématiquement à des signes standard, il n’y a pas eu d’urgence à créer des centaines de néologismes pour enrichir le vocabulaire spécialisé ou plus élaboré.

En conséquence, pour se doter de nouveaux signes et en l’absence d’instances de normalisation, la LSF doit souvent attendre une initiative privée correspondant aux besoins concrets d’une structure ou d’un étudiant en cursus universitaire pour répondre à des besoins lexicaux spécifiques. Malgré les possibilités qu’offre internet, il est rare qu’un glossaire ainsi établi réussisse à se diffuser au niveau national.

L’essentiel de la création lexicale se fait donc par les interprètes eux-mêmes en situation, en consultation avec les personnes sourdes pour lesquelles ils travaillent. La diffusion des nouveaux signes est informelle et en grande partie aléatoire : elle dépend des contacts entre les interprètes et de leur attitude (en France, ils considèrent en général que l’enrichissement lexical de la LSF relève de l’initiative et de la responsabilité de la communauté des sourds signants et de l’adoption ou non d’un nouveau signe par cette même communauté).

Par ailleurs, les interprètes en LSF sont tenus de respecter les normes sociolinguistiques de la communauté sourde majoritaire. Il se trouve que contrairement aux communautés sourdes étatsunienne et britannique, par exemple, elle est hostile à la dactylologie (qui consiste à épeler par signes le mot en langue vocale, en l’occurrence le français).

Les tactiques les plus fréquentes.

1-Labialisation du mot français
La labialisation ne vient jamais seule ; elle accompagne un signe, une épellation.
On peut distinguer deux formes de labialisation : la forme standard, composante idiomatique de la langue des signes, et l’articulation sympathique, qui regroupe des mimes buccaux, des sons et autres mouvements de la bouche nécessaires à une communication idiomatique

Exemple :
« Agir à long terme ou à moyen terme » : [mur] + [loin devant] …. [mur] + [devant] + [moyen] furtivement esquissé de la main gauche, labialisé
« long moyen terme »

2-Dactylologie : l’utilisation de l’alphabet manuel codé en signes
La dactylologie est une pratique qui ne s’utilise habituellement que pour épeler les noms propres n’ayant pas d’équivalent lexical en LSF, ou en dernier recours pour venir à bout d’une incompréhension inextricable. Les sourds n’étant pas tous à l’aise avec la langue écrite, il ne leur est pas naturel de saupoudrer la LSF de mots dactylologiés (à la différence de l’usage dans la langue des signes américaine). Elle permet elle aussi d’indiquer directement le lexique français utilisé pendant le cours à l’étudiant, qui s’exprime ainsi à ce propos: « (…)j’ai aussi besoin des mots, si l’interprétation est trop imagée je ne sais plus de quel mot français j’ai besoin pour exprimer ce concept par écrit. »

3-Emprunt adaptatif à la LSF : emploi d’un signe existant investi d’un nouveau sens
Un signe existant en LSF est emprunté et investi d’un sens nouveau, généralement spécialisé (ici dans le domaine du contrôle de gestion). La labialisation est majoritairement associée à ce procédé.
Cette tactique a également été utilisée pour différencier  qualité/performance/efficience/efficace, qui se signent de la même façon.

4-Scénarisation
Très largement utilisée par les interprètes, la scénarisation crée des saynètes qui condensent le sens du discours. Comme le montre l’exemple ci-dessous, une scénarisation peut comprendre un signe issu lui-même d’une scénarisation préalable.

Exemple:
Actionnaire : [personne] + [coupon détaché] + [acheter]

Ici, le signe [action] avait été au préalable créé par l’étudiant et  l’interprète suite à la définition du mot et à une référence faite par le professeur (autrefois, les actions se matérialisaient par de larges feuilles de papier qui se découpaient selon les pointillés). Cette information facile à scénariser a été choisie par l’étudiant sourd  pour  désigner action  d’entreprise  (signé littéralement papier que l’on sépare de sa souche). C’est naturellement que [action] se retrouve dans le signe de [actionnaire] en tant que point de départ d’une nouvelle scénarisation. Hors contexte et en partant du signe [ticket], il serait difficile de remonter jusqu’au terme actionnaire. De nombreux signes ainsi créés ne sont compris que parce qu’ils renvoient à un « connu partagé »  par l’étudiant et l’interprète. L’on trouve parfois sur le terrain une dizaine de signes pour un même terme, car ils ont été créés en même temps par différents binômes étudiants sourds/ILS. Ces signes n’ont pas vocation à se diffuser. Les tactiques de l’interprète face au vide lexical prennent donc un peu le caractère d’un éternel recommencement.

La scénarisation, souvent présentée comme la solution de choix au vide lexical, demande un effort de réflexion lors de son élaboration, et sa mise en place requiert une conceptualisation rapide et efficace du signifiant. Dans les faits, elle est parfois laborieuse, avec de « faux départs » qui peuvent aboutir à son abandon au profit d’une interprétation plus linéaire, proche du français signé.

5-Translittération ou français signé
Le ‘français signé’ consiste à plaquer sur la langue des signes la structure syntaxique du français.

Exemple :
Panier moyen : [anse de panier] + [moyen]

L’interprète et l’étudiant savent qu’il ne s’agit pas dans ce contexte de l’objet ‘anse de panier,’ mais une périphrase serait longue et l’étudiant connaît déjà le concept. La translittération présente ici l’avantage de la rapidité et du lien direct au français.
Le recours au français signé est ici un choix de l’interprète et de l’étudiant. Dans ce cas précis, pour tous les deux, le respect de la forme linguistique de la langue des signes est moins important que le rappel de la forme française.

6-Périphrase
La périphrase est utilisée seule, sans labialisation appuyée ni dactylologie ; c’est une parenthèse introductive au concept. Nous remarquons aussi que dans le corpus, l’emploi de cette tactique pour des mots non techniques comme  formel, optimiser, normatif, chiffres ronds, logistique, répondait à des  besoins immédiats de l’étudiant apparus à travers un regard interrogateur pendant l’interprétation.

Exemples de périphrase :
Logistique : [prévoir] + [transport] + [coût] + [quand] + [etc.]
Chiffres ronds : [chiffre] + [12etc.] + [non] + [net] + [zéro au bout] (scénarisé)

Ces exemples illustrent la difficulté de prendre en charge un contenu pédagogique pour pallier le vide lexical. En fait, quand l’interprète  scénarise des termes spécialisés, il influence fortement la représentation du concept qu’en aura par la suite l’étudiant. »

Pour lire l’article dans son intégralité : http://bit.ly/interpretelsetvidelexical

Code éthique (1) : présentation

Je l’évoque régulièrement dans mes billets et nous allons encore souvent le rencontrer. Il convient donc de s’attarder quelques articles sur lui, à savoir, le Code éthique des interprètes/traducteurs en langue des signes française (LSF) élaboré par l’AFILS.

Ainsi, pour juger de la compétence d’un interprète, on peut se référer à trois critères:
– la langue des signes
– les techniques (stratégies) d’interprétation
– la connaissance et la maîtrise du Code éthique.
Il est donc un élément majeur pour garantir une bonne pratique de notre métier. Ce n’est pas qu’un simple texte théorique encadrant notre profession. C’est aussi un atout pour les interprètes professionnels, une protection qui leur garantit d’effectuer une interprétation correcte et respectueuse dans les meilleures conditions possibles.

C’est à partir de 1970 que le mouvement de reconnaissance de la langue des signes initié par les sourds est accompagné par une volonté de professionnaliser le métier d’interprète (voir historique du métier d’interprète en LSF), d’où la nécessité de réfléchir à l’instauration d’un code déontologique.
C’est ainsi que des interprètes qui travaillaient bénévolement prennent conscience qu’ils sont plusieurs à pratiquer la même profession. Ils décident alors de se réunir et fondent la première association française d’interprètes en 1978, l’ANFIDA (Association Nationale Française d’Interprètes pour Déficients Auditifs) qui deviendra l’AFILS en 1988. A cette occasion sont joints à ses statuts des règles déontologiques qui garantissent la fidélité au message, la neutralité et le secret professionnel.
Les adhérents sont des professionnels rémunérés. Ce code donne pour la première fois un cadre permettant de distinguer l’interprète des autres professionnels comme l’interface de communication, le preneur de notes, le répétiteur ou le médiateur social.

De fait, c’est une réponse au discours d’Arlette Morel prononcé à Albi en 1987 dans laquelle elle reprochait aux interprètes, leur manque de déontologie dans l’exercice de leur métier : elle évoquait la nécessité de mettre en place une formation et une déontologie adéquate.
Selon elle, « ces interprètes estimant avoir une solide expérience de l’interprétation sur le plan pratique… n’éprouvent pas le besoin d’aborder l’interprétation comme un vrai métier c’est-à-dire avec une vraie formation….une formation théorique avec une approche déontologique de la fonction, aussi nécessaire que la maîtrise de la LSF. Dommage car ils auraient ainsi appris à être neutres, à ne pas penser à la place du sourd, en résumé à ne pas être plus sourd que sourd ».

En d’autres termes, pour qu’une situation d’interprétation se déroule de manière professionnelle, l’interprète doit respecter des règles. Cela permet aux interlocuteurs sourds et entendants d’être au cœur de la situation. C’est pourquoi toutes les formations qui délivrent un diplôme d’interprète français/langue des signes française (Master 2) intègrent dans leur cursus de nombreuses heures de cours théoriques et pratiques consacrées à ce Code.

Le Code éthique de l’AFILS se compose d’une partie intitulée « Code déontologique » (titre premier) et d’une partie intitulée « Code de conduite professionnelle » (titre deuxième).
C’est l’ensemble des règles et devoirs auxquels les interprètes membres de l’AFILS doivent se référer dans le cadre de leur activité.
Selon l’AFILS, « la déontologie est un contrat moral passé entre les locuteurs (usagers) et l’interprète garantissant que celui-ci interviendra le moins possible dans les échanges. C’est un engagement à respecter les personnes en présence, leur parole et la langue qu’ils utilisent ». Il s’agit donc de préserver l’autonomie de chaque personne sourde, de lui permettre d’exercer ses responsabilités en ayant une information complète, compréhensible et objective.

Voici le texte de ce Code, tel qu’on peut le trouver sur le site internet de l’AFILS, rédigé par Francis Jeggli et Pierre Guitteny.

CODE ETHIQUE

Le présent code éthique définit les conditions d’exercice de la profession par les interprètes membres de l’AFILS.

TITRE PREMIER

Code déontologique

Article 1. – Secret professionnel
L’interprète est tenu au secret professionnel total et absolu comme défini par les articles 226-13 et 226-14 du nouveau code pénal dans l’exercice de sa profession à l’occasion d’entretiens, de réunions ou de conférences non publiques. L’interprète s’interdit toute exploitation personnelle d’une quelconque information confidentielle.

Article 2.- Fidélité
L’interprète est tenu de restituer le message le plus fidèlement possible dans ce qu’il estime être l’intention du locuteur original.

Article 3.- Neutralité
L’interprète ne peut intervenir dans les échanges et ne peut être pris à partie dans la discussion. Ses opinions ne doivent pas transparaître dans son interprétation.

TITRE DEUXIEME

Code de conduite professionnelle

 Article 1.
L’interprète s’interdit d’accepter un engagement pour lequel il n’est pas qualifié. S’il est le seul à pouvoir assurer cette prestation il pourra le faire après en avoir averti toutes les parties concernées.

Article 2.
L’interprète s’engage, dans la mesure du possible, à se former dans le but de répondre aux besoins des usagers.

Article 3.
L’interprète qui exerce une autre activité professionnelle, notamment au sein d’une même institution, doit prendre garde à ce que les exigences de cette autre activité ne soit pas en contradiction avec le code éthique de l’AFILS.

Article 4.
L’interprète doit avoir une présentation appropriée à la situation d’interprétation. Pour le bon déroulement de l’interprétation, il doit veiller à ce que certaines conditions matérielles soient respectées (lumière, placement, etc.).

Article 5.
Conformément à l’article L112-3 du code de la propriété intellectuelle, l’interprète est propriétaire de sa traduction et de son interprétation. Aucune utilisation, diffusion, ni commercialisation de cette dernière ne pourra se faire sans son accord.

Article 6.
L’interprète doit être loyal et solidaire à l’égard de ses collègues. Toute critique sur un collègue ne doit pas être énoncée en public.

Article 7.
L’interprète doit s’assurer qu’il dispose de bonnes conditions de travail. Il doit prévenir son client que des pauses lui sont nécessaires. En aucun cas il ne pourra travailler plus de deux heures sans relais. En situation de conférences, les interprètes travailleront toujours en équipe.

Article 8.
Si l’interprète travaille en équipe, il est en droit de connaître l’identité de son ou ses collègues avant d’accepter un contrat.

Article 9.
L’interprète peut refuser un contrat si, pour une raison éthique et personnelle, il sent que sa prestation ne sera pas conforme au présent code. Le client pourra alors demander une attestation de refus à l’interprète.

Article 10.
Les interprètes qui travaillent ponctuellement bénévolement pour des associations caritatives ou à caractère humanitaire, s’engagent à respecter le présent code et à demander les mêmes conditions de travail que s’ils étaient payés.

Le conseil d’administration peut être interpellé pour tout manquement à ces codes.
Celui-ci, éventuellement aidé d’une commission spéciale nommée à cet effet, statuera sur les suites à donner à toute plainte dans les plus brefs délais. Les sanctions prises par le CA à l’encontre de l’interprète concerné pourront aller jusqu’à sa radiation.

Pour plus d’informations historiques sur la création de ce code déontologique, je vous conseille de lire l’article/chronologie rédigé par Francis Jeggli à l’adresse suivante : http://bit.ly/histoirecodedeonto .

A suivre : le secret professionnel

Jouons à « comprendre pour traduire »

En ce dimanche après-midi un peu maussade voici un petit jeu en lien avec la traduction ou l’interprétation vers des langues vocales ou vers des langues des signes.

D’abord un rappel théorique : l’interprète doit saisir le sens du discours pour le traduire vers une langue cible. Il ne s’agit pas simplement de traduire les mots, sinon, il ferait du transcodage. Comme le précise Danica Seleskovitch, interprète de conférence et ancienne professeur à l’université Paris III de l’ESIT, le «sens» du message est au cœur de tout processus interprétatif. «Pour interpréter, il ne faut jamais oublier que le but de l’opération est de transmettre un sens, qu’il convient de ne pas coller aux mots, et aux structures des phrases de l’original qui ne doivent pas être traduits tels quels car ils ne sont que des signaux qui indiquent la route à suivre et non la route elle-même». En résumer traduire/interpréter c’est d’abord comprendre.

Voici l’extrait d’une décision du Conseil d’Etat (qui nous a été transmise par un de nos collègues facétieux proposant qu’il serve d’exercice d’entraînement aux futurs interprètes en langue des signes française) :

« Considérant, en deuxième lieu, que le refus de prendre, de modifier ou d’abroger un acte réglementaire ne saurait être regardé comme purement confirmatif d’un refus antérieurement opposé à une demande tendant aux mêmes fins ; qu’il suit de là que la fin de non-recevoir tirée de ce que le caractère prétendument définitif d’un refus d’abrogation de la recommandation litigieuse, antérieurement opposé par la Haute Autorité de santé, ferait obstacle à ce que la décision du 7 septembre 2009 puisse être contestée au contentieux, ne peut qu’être écartée ; »

Alors pour occuper votre dimanche après-midi je vous propose :
1- de comprendre le sens de cette phrase (en d’autres termes de parvenir à la reformuler dans la langue source) ;
2- d’imaginer comment traduire cet extrait vers une langue cible.

Bon courage !

Et si vous n’en avez pas assez, voici le texte complet : http://bit.ly/jurisprudencece

Vous noterez que cette décision est rendue « au nom du peuple français ». Il serait peut-être judicieux de créer une spécialisation interprète français/français.

Interprète versus interface

Je reviens une dernière fois à nouveau sur les affrontements les relations parfois tendues entre les interprètes/traducteurs en langue des signes et les interfaces de communication afin de répondre au commentaire de Nicolas Petit Gille qui écrit : « personnellement je trouve les interfaces dans la présentation que j’en ai reçue plus humain et moins rigide si on les compare aux interprètes plus traditionnels. De plus je trouve très dommage le fait qu’il n’y est pas de diplôme d’interfaces, cela pousse donc les personnes intéressées à devenir interfaces à se diriger vers le diplôme d’interprète ».

J’admets bien volontiers que les interfaces de communication sont des personnes de bonne volonté, qui s’investissent sincèrement dans leurs activités. Mais, alors que l’essentiel de leur activité demeure de l’interprétation, elles n’ont pas le même niveau en langue des signes (voire en français) ni la formation bac +5 (Master 2) des interprètes.
Alors comment expliquer/justifier que ces intervenants sans formation spécifique sanctionnée par un diplôme, ni profession réellement encadrée et clairement définie semblent répondre à des besoins particuliers. Pourquoi certaines administrations françaises font appel à leurs services et les rémunèrent via l’Agefiph par exemple ?

Généralement on justifie leur présence, leur emploi du fait des faibles compétences linguistiques et/ou sociales de certaines personnes sourdes. Ils seraient pour reprendre les propos du commentaire cité ci-dessus « plus humain, moins rigide ».

Commençons par l’argument « social » : des personnes sourdes se trouveraient  incapable de se poser comme interlocuteur, de comprendre les démarches de la vie quotidienne, elles auraient besoin d’être accompagnées, assistées ou informées pour des démarches administratives par exemple, ce qui justifierait l’engagement d’interfaces à la place d’interprètes professionnels.
Pourquoi pas mais dans ce domaine d’activité des professions établies et bien identifiées existent déjà comme assistante sociale, conseiller en économie sociale et familiale, éducateurs etc. Mieux encore, ces professions peuvent être occupées par des personnes sourdes pratiquant (ou pas) la langue des signes.
Donc à mon avis l’argument « social » ne tient pas. En revanche il serait intéressant de solliciter des interprètes pour permettre à ce secteur de l’aide sociale d’être accessible aux personnes sourdes notamment par l’interprétation et/ou la traduction des cours et des formations appropriées ou de former à la langue des signes des professionnels exerçant les métiers cités auparavant.

Étudions maintenant l’argument « linguistique » : des personnes sourdes ne sauraient précisément pas comment communiquer via un interprète et/ou ne maîtrisaient pas assez bien la langue des signes ou utiliseraient un pidgin entre langue des signes et français parlé.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, la solution avancée est alors de solliciter des intervenants (les interfaces) qui possèdent eux-mêmes un niveau faible ou passable en langue des signes et commettent des erreurs ou des approximations de langage. Bref on nivelle par le bas.
Une telle solution n’est pourtant jamais retenue face à un enfant s’exprimant maladroitement ou un étranger ne maîtrisant pas complètement la langue de son interlocuteur. La démarche devrait plutôt être de trouver des interlocuteurs pédagogues et très compétents dans la langue en question (des interprètes professionnels) et ainsi capables d’adapter leur niveau de langue, de s’exprimer simplement. Il est faux de croire que les interprètes seraient des personnes « inhumaines » traduisant telles des machines et ne se souciant pas de la bonne compréhension de leur interprétation. Au contraire nous contrôlons constamment la bonne réception de notre production linguistique et éventuellement nous pouvons ralentir le rythme, choisir d’autres signes envisager d’autres stratégies de traduction…
L’argument linguistique m’apparaît donc aberrant.

Mais la différence entre interprète et interface ne se limite pas à ces deux représentations, elle se retrouve aussi dans leur fonction, leur rôle respectif. L’interprète, comme le stipule le code déontologique établi par l’Afils, traduit fidèlement  l’intégralité des échanges et est soumis au secret professionnel (article 1-2-3).
En revanche pour les interfaces en communication, leur mission va au-delà d’une simple médiation linguistique puisqu’ils doivent aussi expliquer, assister, orienter la personne sourde « égarée » dans le monde des entendants.
Mais leur référence professionnelle reste paradoxalement celle des interprètes et ils sont d’abord envoyés pour faire de l’interprétation (mais rarement ils précisent d’eux-mêmes qu’ils ne sont pas interprètes ou ils n’expliquent pas non plus les différences entre leurs activités et le métier reconnu d’interprète) ce qui brouille la particularité de leur positionnement d’autant que leur niveau de langue reste très aléatoire et que celui-ci n’est jamais évalué.

Ceci expliquent que les usagers (sourds ou entendants) non sensibilisés à ce débat constatent par eux-mêmes un problème de compétence et/ou de positionnement de ces intervenants interfaces. Par exemple l’intervention d’un interface alors qu’un interprète est attendu peut compliquer voire compromettre les relations engagées.
L’auditoire n’a en effet pas toujours les moyens d’identifier d’où vient le décalage ou le faible niveau de prise de parole de l’usager sourd, ni de remarquer que tout n’est pas traduit.
Cela peut également empêcher une personne sourde de se présenter comme acteur autonome et interlocuteur à part entière parce que c’est l’interface qui sera souvent l’interlocuteur privilégié pour diverses discussions touchant par exemple à la nature des besoins, à l’organisation de l’accessibilité de la formation ou du poste de travail.

Il est donc crucial de souligner le caractère très problématique du cumul des tâches endossés par ces interfaces. Il n’est en effet pas possible d’interpréter de manière neutre et fidèle (ainsi que l’exige le code déontologique des interprètes en langue des signes) et d’apporter en même temps une aide qui consiste à sélectionner les informations les plus importantes, à reformuler ou expliquer ce qui est dit par les uns et les autres et à donner des conseils. Ce sont deux approches non compatibles en simultanée.
De même il est difficile de respecter la prise de parole des usagers sourds si un intervenant est successivement celui qui traduit tant bien que mal, qui apporte des informations contextuelles ou culturelles et qui analyse les besoins en accompagnement. Le cumul de ces fonctions dans le temps place l’interface de communication comme étant l’interlocuteur principal, avant la personne sourde elle-même.
En outre, cette position lui donne un pouvoir considérable sur cette dernière et sur son parcours.

Face à cette position inconfortable ou abusive, certains interfaces qui en ont conscience cherchent à se spécialiser notamment auprès de personnes âgées devenues sourdes ou des personnes sourdes ne connaissant pas la langue des signes française (en raison de son interdiction durant 100 ans).
D’autres tentent d’obtenir un diplôme d’interprètes.
Enfin quelques uns essayent de s’investir dans un type d’activité spécifique : soit dans l’accompagnement en amont avec des usagers sourds pouvant ensuite faire leurs démarches seuls ou avec un interprète, soit dans les formations de sensibilisation à la surdité, soit dans l’évaluation des besoins et de son suivi avec l’enseignant ou le responsable du site professionnel. Néanmoins comme avec l’argument « social », ces activités relèvent de professions déjà établies.
Il est d’ailleurs surprenant que de telles improvisations et apprentissages sur le tas (car je le répète il n’existe à ce jour aucune formation diplômante pour « devenir » interface) soient possibles, simplement parce qu’il s’agit de prestations d’accompagnement d’un public sourd.
En revanche, les formations à ces métiers ne prennent peut être pas assez en compte l’importance et l’existence de ces besoins spécifiques liés à la surdité et gagneraient certainement à s’ouvrir à un public sourd.

Malheureusement on note aujourd’hui que ces spécialisations professionnelles ne sont pas recherchées et c’est plutôt ce cumul des tâches qui est encouragé.
A l’instar de la tendance actuelle au sein de l’Éducation Nationale à transformer en « interprètes d’appoint » les auxiliaires de vie scolaire (AVS) ou les enseignants bilingues en agent d’intégration, les nouveaux professionnels recherchés sont des intervenants « tout en un », professeur, psychologue, assistant social, éducateur, agent d’accueil, agent administratif, médiateur de justice… Dans le milieu des interprètes on les surnomme « les interfaces couteaux-suisse ».
Leur existence (que je regrette vous l’aurez compris) est d’abord liée à un manque de connaissances à la fois des besoins et des capacités d’initiatives de la communauté sourde et des conditions pratiques de leur accompagnement et à une méconnaissance du rôle, des compétences particulières et des devoirs d’un interprète professionnel.
C’est d’ailleurs l’un des buts ce blog : parvenir justement à réduire ces incompréhensions sur ce métier encore peu connu.

J’attends maintenant avec impatience les arguments de « mes amis » interfaces qui souhaiteraient justifier leurs activités et/ou nous expliquer la nécessité de leur existence…

PS : ce billet est largement influencé par les recherches menées par Sophie Dalle-Nazebi, sociologue travaillant notamment à Websourd.

PS 2 : pour illustrer mon propos voici 2 exemples provenant d’un même journal régional, le Journal de Saône-et-Loire
1/ Une situation claire, à savoir une secrétaire médicale bilingue français/LSF, donc une professionnelle ayant en plus une compétence en langue des signes : http://bit.ly/secretairelsf
2/ Une situation beaucoup plus floue avec une personne se présentant comme « médiatrice-interprète » : http://bit.ly/mediatricelsf

Journée Mondiale de la Traduction


Jérôme de Stridon, ou saint Jérôme
est né vers 347 à Stridon, à la frontière entre la Pannonie et la Dalmatie (actuelle Croatie) et mort le 30 septembre 420 à Bethléem. Sa traduction de la Bible constitue la pièce maîtresse de la Vulgate, traduction latine officiellement reconnue par l’Église catholique. Il est considéré comme le patron des traducteurs en raison de sa révision critique du texte de la Bible en latin qui a été utilisée jusqu’au XXe siècle comme texte officiel de la Bible en Occident.

Selon le calendrier liturgique de l’Église catholique sa fête est le 30 Septembre. C’est pourquoi (enfin j’imagine) ce jour a été décrété par l’Unesco « Journée Mondiale de la Traduction ». En tant qu’interprète en LSF, cette journée revêt sans doute une importance particulière pour moi mais elle concerne en réalité chacun de nous.

Par exemple, imaginez un monde sans traducteurs : comment ferions-nous pour communiquer ? Avec près de 8 000 langues parlées ou signées dans le monde, les échanges commerciaux et culturels seraient impossibles. Les chefs d’Etat ne pourraient pas se parler. Les découvertes scientifiques ne seraient pas diffusées. Les flashs infos ne seraient à la portée que de quelques privilégiés (voir les articles « Rendre l’information télévisée accessible aux sourds » ). Les livres réservés à de petites communautés pratiquant la même langue. Etc.

Notre planète est riche de sa diversité linguistique. Les milliers de langues pratiquées dans le monde sont dépositaires de notre mémoire collective et sont de fait un héritage impalpable. Mais nous devons rester vigilant car cette diversité linguistique et culturelle est menacée : 96 % de ces langues sont parlées par moins de 4 % de l’humanité et des centaines d’entre elles disparaîtront bientôt à jamais.

La langue des signes française a elle-même failli disparaître suite à son interdiction lors du Congrès de Milan en 1880, la grande majorité des congressistes ayant conclu à la nécessité de promouvoir la méthode orale en proscrivant la langue des signes. Et il faudra attendre plus de 100 ans pour qu’elle ait de nouveau le droit d’être pratiquée et enseignée avec la loi du 11 février 2005 qui met fin officiellement à l’obligation de la méthode orale pour l’éducation des sourds en France (l’amendement de 1991 avait déjà autorisé les parents à choisir entre une éducation bilingue ou orale uniquement). Depuis, la langue des signes est considérée au même titre que la langue française et les sourds ont enfin le droit de bénéficier d’une éducation en langue des signes dans n’importe quelle école en France (en théorie car hélas en pratique cet objectif est loin d’être respecté).

En plus de leur rôle de passerelle entre différentes communautés, différentes cultures, les traducteurs et/ou interprètes ont donc une responsabilité particulière à l’égard de la préservation du multilinguisme et de la promotion d’une interaction harmonieuse entre les langues du monde. L’essor des nouvelles technologies, la diffusion de l’Internet, l’expansion du commerce mondial et le resserrement constant de la coopération scientifique et culturelle ont renforcé l’importance de notre rôle dans le monde moderne.

Ainsi, la traduction, l’une des professions les plus anciennes de l’humanité car indispensable à la bonne compréhension entre deux individus s’exprimant dans des langues étrangères, s’exerce désormais dans un contexte de plus en plus complexe. Il ne suffit plus de maîtriser les langues de départ et d’arrivée. Il faut approfondir des spécialités plus pointues, tout en ayant de vastes connaissances générales et une compréhension étendue des cultures.

Dans bien des pays, des associations nationales de traducteurs, interprètes et terminologues jouent un rôle de premier plan dans l’amélioration de la qualité de la traduction et la formulation de normes et de recommandations professionnelles. C’est par exemple l’AFILS pour les interprètes et traducteurs en langue des signes française ou la World Association of Sign Language Interpreter (WASLI).

Il existe également la Fédération Internationale des Traducteurs (FIT) qui pilote cette journée et qui réunit ces nombreuses Associations pour les faire profiter de l’échange des connaissances et des expériences de chacune. Pour cette Journée 2011 le thème retenu est : « Un pont entre les cultures ».

Laissons le mot de la fin à notre cher saint Patron Jérôme qui écrivait judicieusement dans une lettre au Sénateur romain Pammachius : « Pour ma part, non seulement je confesse mais encore je professe, sans gêne et tout haut : quand je traduis les Grecs – sauf dans les Saintes Ecritures où l’ordre des mots est aussi un mystère – ce n’est pas un mot par un mot mais une idée par une idée que j’exprime ». (Lettre LVII 5)

La LSF à l’honneur pour la Journée européenne des langues

A tous ceux qui s’intéressent à la langue des signes française (son histoire, son rôle au sein de la communauté sourde) ainsi qu’au travail des interprètes en lien avec la LSF, je recommande cette journée d’échanges qui se déroulera Vendredi 7 Octobre dans le cadre de la Journée Européenne des Langues à la Maison de l’Europe de Paris sous le titre :

« La langue, condition de l’accès aux droits :
l’exemple de la langue des signes française (LSF) »

Cette journée étant traduite de la langue des signes française vers le français et vice et versa pour pourrez admirer apprécier le travail de mes collègues et certaines interventions évoqueront plus précisément notre métier, notamment celle de Francis Jeggli qui reviendra sur l’histoire de l’interprétation français/LSF.

PROGRAMME (sous réserve de dernières modifications)

MATIN

9h00 : Accueil des participants

9h15 : Allocutions d’ouverture : Mme Catherine Lalumière, Présidente de la Maison de l’Europe de Paris et Pierluigi Caterino, Chef d’unité à la DG Traduction de la Commission européenne. Présentation du déroulé de la journée par Anne-Sarah Kertudo.

9h30-11h00 : Session 1 – La LSF, une reconnaissance tardive

Table-ronde modérée par Mme Lederer, Professeur émérite à l’Université Paris 3, ancienne directrice de l’ESIT

Histoire de la LSF :

  • Un long parcours vers la reconnaissance : Michel Alessio, chef de la mission langues de France à la DGLFLF (ministère de la Culture)
  • Les conséquences d’une reconnaissance tardive : Fabrice Bertin, professeur d’histoire-géographie, Académie de Poitiers, chargé de cours à l’Université
  • La transmission de la LSF : Marie-Thérèse L’Huillier, formatrice ingénieur au CNRS

Histoire de l’interprétation français-LSF :

  • Présentation du métier : Francis Jeggli, interprète, chargé de cours à l’université Paris 8, Master science du langage, option interprétation
  • Une profession en évolution : l’AEIFLSF
  • Quelle place pour l’interprète ? : Pierre Guitteny, chargé de mission CIS Aquitaine

Pause café – «Café silence»

11h30-13h00 : Session 2 – L’accès à la Justice et au Droit

Table-ronde modérée par (confirmation en cours)

Introduction : Mme Pénélope Komitès, conseillère Handicap à la Région Ile-de-France

  • Retour d’expérience : Anne-Sarah Kertudo, Permanence juridique pour les sourds
  • L’avocat et le client sourd : Me Delouche, avocate au barreau des Hauts-de-Seine
  • Sourds en prison : association Ban Public
  • Le point de vue de la Chancellerie : confirmation en cours
  • L’interprète au tribunal : Émilie Ozouf, interprète
  • Témoignage : Helga Stevens, parlementaire européenne, membre de la Commission Justice du PE (sous réserve)

Synthèse : Mme George Pau-Langevin, députée, adjointe au maire du 20 arrondissement de Paris, auteure d’un rapport sur l’accès au droit

Pause-déjeuner (buffet sur place) et «Café silence » 

APRÈS-MIDI

14h30-17h30 : Session 3 – Citoyenneté : l’égalité dans l’accès aux droits

Table-ronde modérée par Alain Wallon, Antenne à Paris de la DGT

Droit aux soins :

  • L’Administration hospitalière : les pôles surdité en France : Jean Dagron, médecin
  • Témoignage d’un intermédiateur sourd
  • La permanence bilingue de la CPAM : Marie-Christine Baillat, conseillère bilingue
  • Groupe AIDES-Sourds : confirmation en cours

Droit à une éducation bilingue :

  • Le choix d’une scolarité en LSF : Patrice Dalle, président de l’ANPES
  • Témoignage : Anne Ginat, interprète en milieu scolaire
  • Joëlle Ayach, directrice de l’école Roux-Tenon de Massy, pôle LSF (sous réserve)

Droit à l’information et à l’emploi :

  • Didier Flory, journaliste à Echo Magazine, linguiste, interprète et metteur en scène
  • Les centres relais, démonstration par Viable
  • Websourd : Marylène Charrière, journaliste et responsable éditoriale du site WebSourd.org
  • EDF, une grande entreprise qui s’adapte : Jacky Correia, conseiller spécial surdité
  • Projet Ethik Event, une intégration réussie en entreprise : Didier Roche, Directeur général
  • Pascal Touitou, formateur

Synthèse : Mme Marie-Anne Montchamp, Secrétaire d’État au Handicap

Perspectives : M. Benoît Kremer, Président de l’Association internationale des interprètes de conférence (AIIC)

Inscription obligatoire via le formulaire joint ci-dessous à envoyer par mail avant le 30 Septembre : jel2011lsf@gmail.com

 

Formulaire Inscription Journée Européenne des Langues 2011 JEL 2011

Vendredi 7 Octobre 9 h – 18 h
Maison de l’Europe de Paris
35 rue des Francs-Bourgeois 75004 PARIS
Métros : Hôtel-de-Ville, Saint-Paul