L’atelier de traduction : « joyeux Noël » en LSF

Pour traduire « Joyeux Noël » en langue des signes française rien de plus simple, comme vous le montre Diane, avatar né en 2008 de la volonté d’Orange de proposer des MMS en LSF prêts à être envoyés.

joyeux_noel

[JOYEUX] : la main frotte la poitrine en un mouvement circulaire pour signifier la satisfaction, la joie ;
[NOEL] : la main semi-ouverte s’éloigne du menton en se refermant, symbolisant ainsi la longue barbe blanche du Père Noël.

Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire le 25 décembre pour épater famille, amis et Père Noël bien sûr !!!

 

Et pour vous faire patienter, voici l’histoire du Père Noël raconté en LSF par l’un de ses lutins :

 

Une nouvelle directrice pour la section Interprétation LSF de l’ESIT

Sophie Pointurier, nouvelle directrice de la section Interprétation LSF de l’ESIT a récemment répondu à quelques questions sur le site de Paris 3.

Je vous en fais un copié-collé :

sophie-pointurier

  • Pouvez-vous nous présenter votre parcours universitaire ?

Après des études de lettres modernes, je suis partie en Allemagne pendant trois ans et, à mon retour, j’ai décidé de continuer mon apprentissage de la langue des signes française (LSF) que j’avais commencé en terminale. Contrairement au cas des langues étrangères, il n’existe pas de « Pays des Sourds » où séjourner pour une immersion linguistique. Par ailleurs, à l’époque, il n’y avait pas encore de cursus universitaire pour apprendre la LSF. Je me suis donc perfectionnée au sein de plusieurs associations qui travaillaient avec des sourds avant d’intégrer l’ESIT. J’y ai obtenu une Maîtrise des Sciences et Techniques en interprétation en langue des signes française, puis j’ai voulu approfondir ma réflexion sur cette pratique et j’ai fait un Master 2 de recherche en Traductologie en 2008. J’ai été littéralement emballée par cette discipline et par la recherche, c’est pourquoi j’ai décidé de poursuivre en doctorat, sous la direction de Daniel Gile. J’ai soutenu ma thèse le 30 juin dernier, elle s’intitule « Interprétation en langue des signes : contraintes, tactiques, efforts ».

  • Quel est votre parcours professionnel ?

J’exerce le métier d’interprète en langue des signes depuis une quinzaine d’années et c’est cette pratique qui a nourri mes travaux de recherche. L’expérience professionnelle est d’ailleurs une condition à remplir pour s’inscrire en M2 de recherche en Traductologie. Depuis, mon expérience et ma recherche s’enrichissent mutuellement. Parallèlement, j’ai commencé à enseigner dans le cadre du Master professionnel d’interprétation LSF de l’ESIT en 2008, d’abord comme chargée de cours, puis en tant que PAST de 2011 à l’été 2014. Ces dernières années, j’étais également adjointe du directeur de la section LSF.

  • Vous venez d’être nommée à la direction de la section Interprétation LSF de l’ESIT, pouvez-vous nous la présenter ?

La section Interprétation LSF est l’une des 4 filières de formation proposées à l’ESIT, avec la traduction, l’interprétation de conférence et la recherche en traductologie. Nous préparons au master professionnel d’interprétation français/LSF et LSF/français, en deux ans. Les principes théoriques, méthodologiques et de progression pédagogique sont communs aux quatre sections, mais bien sûr ils sont adaptés aux spécificités de nos différents métiers. En outre, il existe un Diplôme Universitaire qui prépare à l’entrée en master d’interprétation LSF, les étudiants peuvent y perfectionner leur apprentissage de la LSF, notamment grâce à notre partenariat avec l’Académie de la Langue des Signes. Tous les enseignants du master et du DU sont des interprètes en langue des signes professionnels.

  • Quel est le profil des étudiants et quels sont les débouchés pour vos étudiants ?

Pour intégrer lemaster, les étudiants doivent avoir une très bonne maîtrise de la langue des signes, mais aussi du français ! Ils doivent être titulaires d’une licence, quelle que soit la discipline. La formation est également ouverte à des personnes exerçant dans le milieu de la surdité, mais désireuses de se former réellement à l’interprétation. Il est important que les étudiants soient curieux, qu’ils aient l’esprit ouvert et soient capables de comprendre les enjeux humains d’une situation de communication.À l’issue de leur formation, les interprètes LSF exercent soit en tant que professionnels indépendants, soit comme salariés. Les diplômés de l’ESIT trouvent rapidement du travail dans les services d’interprètes où ils seront amenés à assurer des prestations de conférence ou de liaison. Ils peuvent également se spécialiser et exercer dans des services d’éducation bilingue pour l’intégration des enfants sourds, des services hospitaliers, des structures artistiques désirant se rendre accessibles au public sourd, etc. Après quelques années de pratique, ils peuvent poursuivre en Master 2 de Recherche puis en Doctorat de Traductologie

  • Avez-vous un conseil à donner aux étudiants de la Sorbonne Nouvelle ?
Il existe un grand nombre de métiers qui ne sont pas toujours connus des étudiants de la Sorbonne Nouvelle. Là encore, il faut être curieux et ne pas hésiter à rechercher des informations. Nous les accueillons bien volontiers s’ils désirent nous contacter pour en savoir plus sur les métiers d’interprète et de traducteur, qui offrent de nombreux débouchés professionnels, en France et à l’international.
© Université Paris 3

L’atelier de traduction : « êtes-vous sodomie-friendly ? » en LSF

La semaine dernière, j’ai été contacté par le magazine Causette qui souhaitait illustrer par une traduction en LSF un article sur l’anus : « ce sphincter qui s’ouvre et se ferme normalement à la demande de son propriétaire mais qui n’est pas seulement un vide-ordures sophistiqué. Non, cet orifice secret, enfoui entre les hémisphères des fesses est aussi le support de tout un monde imaginaire, souvent teinté de sexualité. On en rêve ou fantasme… » (Causette #45 – Mai 2014).

Bref, il s’agissait de traduire en langue des signes française la phrase suivante : « Etes-vous sodomie-friendly ? »

sodomie
La première partie de la phrase à interpréter ne pose pas de problème :
– « Vous (ou toi) » : l’index pointe vers l’interlocuteur
– « Sodomie » : ce mot est formé de 2 signes, [FESSES] + [PENETRATION]

Le terme [FRIENDLY] est plus problématique.
En français on le traduit par amical, sympathique envers… , qui porte un regard positif, etc.
En LSF on pourrait signer [AIMER] ou [ACCEPTER] mais on s’éloignerait alors un peu du sens. En effet, une personne « sodomie-friendly » ne la pratique pas forcément tout comme un gay-friendly n’est pas systématiquement homo. Or ces 2 verbes sous-entendent (me semble-t-il) que la personne est une adepte de cette pratique sexuelle.
Donc pour être plus neutre, j’ai choisi le signe [LIEN] qui suggère l’attachement, la bienveillance vis à vis de la sodomie.

Pour finir – mais c’est plus difficile à le figurer en une image – les mains en un mouvement de haut en bas indiquent l’hésitation, le questionnement (« oui ou non ? » ).

Bravo à Morpheen qui est parvenue à brillamment illustrer cette phrase, qui, quoique simple d’un 1er abord, souligne qu’il faut toujours se focaliser sur le sens, surtout quand on traduit une histoire de cul.

Devenir interprète F/LSF ? Un Master 2 sinon rien

La fin de l’année 2013 avec les obsèques de Nelson Mandela et son imposteur-interprète a permis (c’est un moindre mal) au monde entier en général et aux journalistes avides d’information sur cette profession qu’ils découvraient en particulier, de réaliser qu’être interprète en langue des signes était un vrai métier qui nécessitait une formation longue et exigeante.

Ainsi, en France il faut suivre un cursus universitaire de 5 ans qui, a l’issue d’un examen réussi, vous délivrera un diplôme (Master 2) reconnu par l’AFILS.
En effet, avoir un bon niveau en langue des signes est une condition nécessaire mais pas suffisante pour devenir interprète.
Par exemple, une personne entendante enfant de parents sourds signeurs a pour langue naturelle la LSF (on appelle ces personnes CODA pour Children of Deaf Adults). Mais sa seule filiation ne lui permet pas de s’auto-proclamer interprète F/LSF sinon je serais moi-même interprète Français/Anglais (ma mère étant anglaise), ou un fils de plombier serait naturellement un as de la robinetterie, la fille d’un chirurgien émérite pourrait opérer sans avoir suivi des études de médecine et le fils du voisin qui est pilote de ligne serait embauché par Air France après avoir eu son baccalauréat.

Non. Comme pour chaque métier il faut faire l’effort d’apprendre la théorie (le code déontologique par exemple), la pratique (les stratégies d’interprétation) en plus de parfaire votre expression en LSF et en français (voire une 3ème langue).
De plus, de longues périodes de stages pratiques auprès d’interprètes diplômés vous permettront d’acquérir les bases de ce métier passionnant.
C’est la seule et unique voie pour embrasser cette profession, il n’y en a pas d’autres. Alors oubliez les pseudo formations d’interfaces ou de médiateurs qui ne mènent à rien, et surtout pas à un diplôme reconnu par l’Education Nationale.
Si vous êtes motivés pour devenir interprète F/LSF, tant mieux, relevez vos manches et rejoignez une des 5 formations universitaires décrite ci-dessous, consultez les sites internet de ces universités et n’hésitez pas à les contacter pour d’autres informations.

Généralement pour postuler à l’examen d’entrée, on vous demande en plus de solides compétences en français et LSF, de posséder une licence, quelque soit sa spécialité (sciences du langage, mathématiques, droit, histoire, biologie moléculaire…).

Bon courage !

carte formations© Antony Pereira

 

Université Paris 3 (ESIT) :
Centre Universitaire Dauphine (2ème étage)
Place du Maréchal de Lattre de Tassigny 75016 PARIS
Tel : 01 44 05 42 14
Lien vers le site Internet

Université Vincennes Saint-Denis (Paris 8) : 
2 rue de la Liberté 93526 SAINT-DENIS
Bât A, salle 144
Tel : 01 49 40 64 18
Lien vers le site Internet

Université de Toulouse Le Mirail (CETIM) :
Bâtiment 31- bureau LA 16
5 allées Antonio Machado 31058 TOULOUSE Cedex 9
Tel : 05 61 50 37 63
Lien vers le site Internet

Université Charles de Gaulle (Lille 3) :
UMR STL–bâtiment B
B.P. 60149 59653 VILLENEUVE D’ASCQ CEDEX
Tel : 03 20 41 68 87 ou 03 20 41 69 36
Lien vers le site Internet

Université de Rouen : 
rue Lavoisier
76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tel : 0235146000
Lien vers le site Internet

L’atelier de traduction : « bonne année 2014″ en LSF

En cette nouvelle année, vous avez peut-être pris comme bonne résolution de vous initier à la langue des signes française.
Bravo !
En attendant votre première vraie leçon, voici comment signer « bonne année 2014″ (merci à Laurent Verlaine pour l’illustration) :

bonne_ann_e_2014

[BONNE] : la main configurée en « bec de canard » s’éloigne de la bouche.
C’est le même geste naturel que vous faites à table pour signifier que le plat vous plait ;

[ANNEE] : les 2 mains sont configurées en « poing ». La main gauche (pour les droitiers, les gauchers inverseront) est fixe au niveau du buste et la main droite  effectue un tour autour d’elle (comme la terre fait une révolution autour du soleil en 365 jours), le mouvement commençant et finissant sur le sommet du poing gauche ;

[DEUX MILLE] : exactement comme sur l’image le chiffre « 2 » formé par le pouce et l’index, ce dernier venant frapper la paume de la main opposée signifiant ainsi la quantité « mille ».

[QUATORZE] : les doigts de la main forment le chiffre « 4 » et remonte en un mouvement sec du bas vers le haut : c’est le signe pour « quatorze » .

Devenir interprète F/LSF : histoire d’une reconversion

Depuis quelques mois, Pôle Emploi propose une série web intitulée :
« Bougez ! » .

A travers des portraits vidéos de 2 à 3 minutes, des hommes et des femmes se racontent, expliquent pourquoi ils ont décidé de changer de vie, de se reconvertir professionnellement et de se lancer dans un nouveau métier qui correspondrait mieux à leurs attentes, leurs envies, leur personnalité.

La semaine dernière, ils m’ont interviewé et réalisé un portrait qu’ils ont joliment intitulé :  » Le changement au bout des doigts « 

la vidéo est sous-titrée en français : il suffit d’activer la fonction « sous-titres »
qui apparait en bas à droite quand vous lancez la vidéo

.

5 formations pour devenir interprète en langue des signes

[un article plus récent sur le même thème avec
des liens mis à jour est disponible  ici]

 

Régulièrement, dans les commentaires postés par les lectrices ou lecteurs de ce blog, on me reproche de dénigrer les interfaces, voire d’être insultant à leur égard.

Il est vrai que je suis mal à l’aise avec cette activité qui n’est encadrée par aucun diplôme, ni aucune formation. On y voit donc tout et souvent n’importe quoi.
Néanmoins, si des personnes veulent apprendre la langue des signes pour ensuite aider accompagner des personnes sourdes dans leurs démarches administratives, les guider dans les méandres des procédures judiciaires, leur expliquer le fonctionnement de Pôle Emploi, pourquoi pas ?
En revanche, il est malhonnête de s’auto-proclamer interprète en langue des signes uniquement parce qu’on pratique cette langue et d’endosser ce rôle d’interprète comme le font parfois des interfaces.

C’est pourquoi si vous souhaitez exercer la profession d’interprète Français/Langue des Signes Française, vous devez posséder l’un des diplômes requis.
En effet, avoir un bon niveau en langue des signes est une condition nécessaire mais pas suffisante pour devenir interprète. Pour exercer ce métier il faut suivre une formation de cinq années après le bac où en plus de parfaire votre expression en LSF et en français (qui sont les deux langues de travail), vous apprendrez à connaitre, comprendre et appliquer le code éthique (secret professionnel, fidélité, neutralité), vous étudierez  différentes stratégies d’interprétation (par exemple à vous décaler du discours original) , vous découvrirez ce que signifie déverbaliser, vous vous familiariserez avec la théorie des efforts…
De plus, de longues périodes de stage pratique auprès d’interprètes diplômés vous permettront d’acquérir les bases de ce métier.

Aujourd’hui en France 5 universités délivrent un diplôme d’interprète F/LSF reconnu pas l’AFILS (Association Française des Interprètes Traducteurs en Langue des Signes).

Dans un mois débuteront les inscriptions alors si vous êtes tentés par ce métier, consultez les sites internet de ces universités et n’hésitez pas à les contacter pour d’autres informations.
Généralement pour postuler à l’examen d’entrée, on vous demande en plus de solides compétences en français et LSF, de posséder une licence, quelque soit sa spécialité.

carte formations

Université Paris 3 (ESIT) :
Centre Universitaire Dauphine (2ème étage)
Place du Maréchal de Lattre de Tassigny 75016 PARIS
Tel : 01 44 05 42 14
Lien vers le site Internet

Université Vincennes Saint-Denis (Paris 8) : 
2 rue de la Liberté 93526 SAINT-DENIS
Bât A, salle 144
Tel : 01 49 40 64 18
Lien vers le site Internet

Université de Toulouse Le Mirail (CETIM) :
Bâtiment 31- bureau LA 16
5 allées Antonio Machado 31058 TOULOUSE Cedex 9
Tel : 05 61 50 37 63
Lien vers le site Internet

Université Charles de Gaulle (Lille 3) :
UMR STL–bâtiment B
B.P. 60149 59653 VILLENEUVE D’ASCQ CEDEX
Tel : 03 20 41 68 87 ou 03 20 41 69 36
Lien vers le site Internet

Université de Rouen : 
rue Lavoisier
76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tel : 0235146000
Lien vers le site Internet

Merci à Antony pour la carte